Article proposé par JeanClaudeGrognet, paru le 20/10/2006 14:15:41
Rubrique : L'attelage de Tradition, lu 5512 fois. Un commentaire
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Les Berlines par Eduard J. Belser


 

 

 

 

Grande voiture impériale construite probablement vers 1764  en tant que Grand Carrosse de la maison impériale d’Autriche. Musée des voitures du château de Schönbrunn, Vienne.

 

 

Les Berlines  par  Eduard j. Belser

 

 

         Le Dr. Rudolf H. Wackernagel écrit dans son ouvrage «Der franz6sische Krônungswagen » (Le carrosse de couronnement français); «Le type de châssis utilisé pour les carrosses se prêtait mal à la construction de voitures de voyage. La jonction de ses essieux avec une flèche centrale reliant

l'avant-train et l'arrière pouvait provoquer le renversement de la voiture dans une courbe serrée ou lorsqu'une seule courroie cédait ou se déchirait.

 

         La possibilité de tels accidents, lors desquels les vitres épaisses pouvaient provoquer des blessures mortelles, fut souvent tragiquement illustrée.» D'après une tradition ancienne et vivace, l'architecte et ingénieur Piémontais  Phillip de Chieze, employé à la cour de Prusse, aurait eu l'idée d'un châssis de voiture plus sûr au moment de se faire construire une voiture qui devait l'emmener de Berlin à Paris, entre 1661 et 1663.

Son invention dut certainement susciter en France une grande admiration et des copies en furent bientôt exécutées. Le nom de Berline est donc dû à son origine.

 

 

         De la deuxième moitié du 17ème siècle jusqu'à la 1ère du 18ème, le carrosse était la voiture de gala classique de toutes les grandes cours. Il s'était développé, pour dire les choses rapidement, en plusieurs étapes à partir de la voiture dont la caisse, vers la fin du Moyen-Age, était suspendue par des courroies de cuir. Les essieux avant et arrière du carrosse sont reliés par une simple flèche aux deux extrémités de laquelle est fixée une structure porteuse élevée.

 

         Quatre courroies porteuses en cuir partent des extrémités supérieures de la structure porteuse et s'attachent aux coins inférieurs de la caisse, à laquelle elles sont reliées par des ressorts à pincette. La moitié supérieure de la très haute caisse est vitrée.

         Le bas des portes, au milieu de la caisse, était descendu autant que possible, de chaque côté de la flèche, pour faciliter l'accès dans la voiture. La haute et lourde caisse, munie de grandes vitres et dont la partie inférieure était posée sur des ressorts très rapprochés l'un de l'autre, faisait de ce carrosse une voiture peu sûre.

 

         Son développement atteignit son apogée aux environs de 1650. Vers la fin du 17ème et le début du 18ème siècle, il fut progressivement remplacé par la berline.

La grande voiture impériale de la cour viennoise nous donne l'un des exemples les plus connus, bien que tardif, de ce type de carrosse. Elle fut probablement construite en 1764 pour le couronnement de Joseph II et servit de voiture de couronnement, ou de grandes occasions, attelée d'abord à six, puis à huit, jusqu'à la fin de la monarchie des Habsbourg.

Ce somptueux véhicule est aujourd'hui exposé dans le bâtiment des voitures du château de Schönbrunn à Vienne.

 

         Les essieux de la berline originelle, contrairement à ceux du carrosse, sont reliés par deux flèches. La caisse repose sur deux courroies réglables tendues à plat entre les essieux. Si l'une de ces courroies venait à céder, la caisse s'affaissait sur l'une des flèches et, bien que penchée, ne se renversait

pas, comme dans le cas du carrosse, par-dessus une flèche centrale unique (fig. 2).

 

 

 

Fig 2 : Berline environ 1750

 

 

 

         Aux environs de 1750 les courroies porteuses de la caisse furent accrochées à des ressorts, à l'arrière d'abord, à l'avant également par la suite. la caisse de la berline n'est pas équipée de marches d'accès incorporées. On en fixa d'abord aux flèches et plus tard, lorsque les roues avant furent agrandies, ce qui suréleva les flèches, on fixa derrière les portes des escaliers pliables. Au cours de la 1ère moitié du 18ème siècle, la berline, conçue d'abord comme voiture de voyage, supplanta le carrosse comme voiture de cérémonie.

         De nombreuses berlines d'apparat, postérieur à 1750 et d'exécutions les plus diverses sont encore conservées en Europe. L'apparition, après 1830 environ, des châssis avec ressorts à pression et sans flèche permit d'en équiper les berlines les plus légères.

 

         L'usage du châssis à flèches fréquent à cette époque, le plus souvent muni d'une suspension double où la caisse était suspendue à des courroies de cuir accrochées à des ressorts en C, fut limité à la construction des berlines de gala ou de demi- gala. L'extension des chemins de fer entraîna la

disparition des voitures de voyage et des berlines construites à cet effet. Malgré sa caisse spacieuse qui offrait quatre places, la berline disparut ainsi presque totalement des remises privées au cours du 19ème siècle au profit du landau dont la capote escamotable, en cuir, rendait l'utilisation beaucoup plus polyvalente.

         C'est la raison pour laquelle les berlines privées, simples, construites durant la seconde moitié du 19ème siècle sont actuellement très rares (fig. 3 et 4). La peinture, le capitonnage et la garniture de ces berlines simples et modestes, pour l'usage privé, sont exécutés sur les mêmes principes que celles des landaus ou des coupés.

 

 

Fig 3 : Berline simple, à 5 fenêtres, sur chassis à ressorts à pression

 

 

 

 

 

Fig4 : Berline légère de style typiquement américain, sur chassis à ressorts à pression

 

 

 

 

Les Berlines , Eduard J Belser , im mémoriam Achenbach 1985

 

 


  Commentaires
-note d'Arba par JeanClaudeGrognet (23/10/2006 20:25:26)
page 3,ligne, il écrit: reliées par des ressorts à pincettes! pas possible , ce sont des ressorts à fouet ou en S , les pincettes ne sont apparues que bien plus tard