Article proposé par JeanClaudeGrognet, paru le 05/10/2006 07:54:53
Rubrique : Les références > Dressage : technique, lu 2350 fois. Pas de commentaires
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Ethologie: la méthode Blondeau par Nicolas Blondeau


 

 

Nicolas Blondeau a demandé à l’auteur de l’article précédent  de modifier sensiblement celui-ci.

Simplement une question de forme et de présentation.

 

Je préfère conserver les 2 formes sur a.o

 

Merci à Guy et à Monsieur Blondeau

 

 

 

Méthode Blondeau

Extrait du livre « Equitation Ethologique », paru aux éditions Belin.

 

1 EQUITATION, ETHOLOGIE et EQUITATION  ETHOLOGIQUE

 

L’Ethologie est une science qui étudie le comportement de l’animal dans son environnement.

Elle est fondée sur «  l’observation », la comparaison et la connaissance de données biologiques, physiologiques, écologiques, sociologiques.

 

L’équitation est un sport, voire un art qui consiste à obtenir du cheval des mouvements, des exercices déterminés.

C’est une pratique de couple, qui demande au cavalier ou au meneur d’éprouver l’envie, dés son approche, de « prendre le cheval dans ses bras » - une disposition aussi physique que psychique, et de faire partager au cheval ce besoin de contact, d’échange, de plaisir .

 

Qu’est ce que l’équitation éthologique ? Une pratique qui tient compte de la science pour s’exercer.

Bien avant que le terme « éthologie » ait été inventé (1855 ), les écuyers que nous connaissons tous s’appuyaient sur leur observation du cheval pour améliorer leur art.

Et depuis la nuit des temps, tout homme de cheval s’efforce de mettre l’animal en confiance, afin d’établir avec lui une communication durable.

Ceci implique une « méthode » et une certaine « rigueur » de la part du dresseur, qui codifie ses gestes et actions pour établir une base de dialogue avec le cheval.

 

L’Equitation se doit d’être, par définition, ETHOLOGIQUE .

Ne tient-elle pas compte de la nature du cheval, de son envie de bien faire ?

Celui qui cherche à imposer sa volonté à sa monture, en dehors de ce cadre, utilise l’animal d’une manière qui n’a rien à voir avec l’équitation.

La science nous a appris la différence entre l’apprentissage pavlovien et l’apprentissage opérant.

Seul l’apprentissage opérant fait appel à l’initiative et aux qualités propres de l’animal, en l’occurrence, LE CHEVAL .

Dès que l’on sort de cet apprentissage opérant, on ne fait plus d’équitation.

Ce qu’un grand écuyer du XIX ème siècle traduisait par cette phrase :

 

« Toutes les fois que le cheval est placé dans les conditions naturelles l’éclairant sur ce qu’il doit faire, le seul instinct de l’animal devient pour l’emploi de ses forces un guide autrement plus sûr que les aides du cavalier (ou du meneur). »

 

L’éthologie ne suffit pas pour savoir mener ou monter à cheval, mais on ne peut pratiquer l’équitation sans elle.

 

2 SAVOIR QUI ON EST ET QUI EST LE CHEVAL

 

La première difficulté à surmonter est la méfiance mutuelle entre le cheval et l’homme, meneur ou cavalier, et le cheval. La peur de l’homme du coté du cheval, et l’appréhension des réactions du cheval de la part de l’homme.

Le cheval est hyper sensible et sait d’emblée « à qui il a à faire ».

Avec un meneur  ou cavalier serein et détendu, pour peu qu’il utilise les bons gestes, le cheval sera serein et détendu.

Le cheval « enregistre » tout, les éléments plaisants comme les épisodes désagréables, c’est un élément vital pour sa survie à l’état sauvage. Il inscrit donc dans sa mémoire tous les gestes de son meneur ou cavalier.

On dit volontiers que tout acte équestre « dresse ou dédresse ».

Si l’on tient compte de ces éléments, voilà les qualités essentielles à l’homme de cheval.

-          Ne pas avoir peur du cheval. 

-          Garder son sang-froid et rester concentré.

-          Savoir ce que l’on veut obtenir et ne demander que ce que ce qu’on est sûr d’obtenir.

 

 

 

 

3 C’EST DABORD A PIED, A COTE DU CHEVAL, QU’ON DEVIENT UN HOMME DE CHEVAL

 

L’équitation commence bien avant la mise en selle, avec l’approche du cheval puis du travail à pied : travail à la longe, travail en liberté, travail aux longues rênes.

Le principe étant de préparer à pied le travail attelé ou monté.

 

Le travail à pied permet au meneur ou cavalier de se familiariser avec le cheval.

C’est aussi le moyen de l’observer.

 

Les soins font partie de la pratique équestre : le respect et la coopération mutuels débutent à ce stade. S’ils ne sont pas acquis à ce premier stade, ils ne le seront pas davantage par la suite.

 

 

 

PETITE RUBRIQUE ETHOLOGIE

Texte choisi par Guy Mahieu

Source Nicolas Blondeau

 

 

 

Apprentissage « conditionné » et apprentissage « opérant »

 

L’apprentissage conditionné est celui qu’on appelle « pavlovien ».

Il ne fait appel ni à l’initiative ni a l’instinct, il crée un réflexe conditionné. C’est le fameux exemple du chien qui salive lorsqu’on lui apporte à manger, en accompagnant l’apport de nourriture d’un coup de sonnette. Assez rapidement, le chien se met à saliver au moindre coup de sonnette. Cet apprentissage « robotise » le cheval.

En équitation sportive, on fait appel à l’apprentissage « opérant » : le cheval apprend parce qu’il exécute un mouvement demandé comme de lui-même, qu’il y trouve une satisfaction et qu’il est récompensé.

L’homme de cheval prépare le cheval au mouvement, en le mettant dans des conditions qui lui permettent de l’exécuter, puis il le laisse faire.

 

Confort et inconfort

 

Opposer les deux est un trait commun aux deux apprentissages.

Comme tout le monde, le cheval aime son confort. Dans l’apprentissage opérant, le mettre dans un léger inconfort le stimulera à chercher le moyen de retrouver le confort.

 

Un cheval attentif et coopératif

 

L’observation de l’attitude du cheval pendant le travail vous renseigne sur sa concentration et son désir de coopérer.

Les oreilles vous indiquent son état d’esprit.

Cette attention est essentielle pour obtenir la coopération du cheval : s’il est distrait, il ne sera pas à l’écoute alors que cette coopération est fondamentale.

 

Extraits du livre de Nicolas Blondeau

Equitation Ethologique

Ed Belin        


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