Article proposé par JeanClaudeGrognet, paru le 28/10/2018 10:43:59
Rubrique : Interviews, lu 432 fois. Pas de commentaires
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PARA-ATTELAGE: meneurs cherchent concours


 

      

 

         Le Para-attelage en compétition va-t-il bénéficier d'un regain de lisibilité et d'activité ? Si des CAT comme le Val de Selle à Conty, ont mis en avant les meneurs Para-attelage depuis longtemps lors de concours internationaux par exemple, il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui le manque de communication n'a pas été profitable au  développement des épreuves spécifiques sur le territoire national. Nous accusons un retard vis-à-vis de pays comme la Grande-Bretagne, la Hollande, l'Allemagne, la Hongrie ou encore les USA. Pourtant l'activité Para-attelage est bien vivante dans certains établissements équestres. Reste à faire un recensement national, et rassembler toutes les bonnes volontés autour d'un projet. C'est le vœu de Francis Huet ou de Jacques Tamalet pour ne citer qu'eux. attelage.org ouvre ses colonnes afin que toutes initiatives sur le projet soient connues de tous. Le Para-Dressage est déjà une discipline à part entière de la FFE. A terme une organisation nationale, avec des épreuves spécifiques Para-attelage pourraient pourquoi pas, voir le jour, rien ne s'y oppose.

         Rappel de quelques dates significatives du Para-attelage en France

         * 2002 Championnat du Monde 1 cheval à Conty. En marge du Championnat, s'est déroulé un Critérium international Para-Attelage

         * 2009 Approbation par la FEI d'une épreuve CPEAI durant le CAI-A4,2,1/CAIP-A4,2,1/CAI-B4,2,1/CAIP-B4,2,1  

         * 2011 Epreuves Para-attelage durant le Championnat du Monde en paire à Conty - Critérium Para-attelage sur l'hippodrome d'Amiens

         JCG

         Documents annexes: anciens règlements para-équestre et attelage

 

          Jacques Tamalet

                "Je me suis retrouvé à être chef de piste  du Para-attelage lors des championnats du monde en Hongrie en 2017. Dans ma carrière d'entraîneur je me suis souvent posé la question:pourquoi ne pas développer plus le Para-attelage, sachant que si une discipline sportive est particulièrement bien adaptée aux handicapés, c'est bien attelage !

         Avant d'être à la fédération, j'avais un établissement sur Toulouse, et nous avions l'habitude d'accueillir deux groupes d'handicapés moteur et cérébraux. Nous avions une petite voiture adaptée à ces activités, en plus de l'équitation montée. Indéniablement, ces activités ont été pour ces personnes une remise en valeur. Des CAT comme celui d'Allain Houard à Conty œuvrent partout en France, pourquoi ne pas aller plus loin et proposer des épreuves adaptées sur nos concours, puisque ces épreuves sont inscrites à la FEI. Nous serions certainement capables de monter une équipe nationale comme l'ont fait les Anglais et les hollandais pour ne citer qu'eux. Les Anglais ont une épreuve Para-attelage à Windsor. Je me souviens d'épreuves Para-attelage à Conty.

         J'ai contacté Quentin Simonet cette année sur ce sujet, et nous avons eu une réunion avec Fanny Delaval (Chef d'Equipe des Para-Dressage pour Tryon), Alain Soucas, et Yves Decavelle (Président de l'Association Régionale d'Equitation Rééductative, Sportive et de Loisir pour les personnes Handicapées). Il a été évoqué la mise en œuvre d'un regroupement cet hiver à Lamotte, en même temps qu'un stage Para-Dressage. Il y a des meneurs partout en France, il faut aujourd'hui ouvrir les concours à ces personnes et les réunir une fois par an pour leurs donner un peu plus d'outils, en particulier sur le travail des chevaux, pour les emmener sur les concours internationaux Para-attelage. Sébastien Goyenheix le dresseur IFCE des chevaux de  Renaud Vinck et qui s'occupe des cavaliers Para-Dressage pourrait être très utile.  Il y a des gens qui sont spécialistes de la classification des handicaps, on les dénomme "Classificateurs", il faudrait s'appuyer sur leurs connaissances aussi."  J.T

         * Pour Allain Houard, le développement du Para-attelage passe par l'intégration de ces épreuves dans de grandes manifestations d'attelage qui donneront de la publicité et feront découvrir la   discipline à un large public.

           Allain Houard

         "Avec la personne de la FEI chargée des épreuves "adaptées" le message porté était : "n'est pas athlète celui qui peut, mais celui qui veut". Ces personnes, avec leur entourage, sont capables de trouver des trésors d'ingéniosité pour trouver l'adhésion du cheval et sa complaisance. C'est souvent fusionnel entre une personne handicapée et le cheval. Il y a aussi une grande recherche au niveau harnachement, au niveau des mors pour permettre une conduite en sécurité aux  moyens physiques de la personne. Les voitures ont également fait l'objet d'une très grande ingéniosité au niveau des sièges, pour le confort, pour le menage et la sécurité. Tout cela a donné lieu à beaucoup de recherches. On a pris le carrefour des grandes manifestations afin que le public soit "interrogé". Le Para-attelage  a ainsi eu une audience qui n'aurait pas eu avec de simples manifestations de campagne.

         Lorsque nous avons lancé le Para-attelage nous avons vite été confrontés à l'investissement. Nous nous sommes heurtés dans nos projets de manifestations au peu de nombre de meneurs participants sur les concours."

         a.o : Il serait inconcevable qu'un organisateur rajoute une ligne sur son avant programme pour une épreuve Para-attelage quitte à n'avoir que 2 ou 3  participants?

         A.H: "oui bien sûr, mais ça n'a pas l'audience nécessaire. Ici chaque jour, on est au rendez-vous de véritables performances faites par les personnes handicapées pour mener, et avoir avec leurs poneys des relations extrêmement fortes. C'est tellement vrai, que ces meneurs ayant acquis une très grande maîtrise et une très grande sécurité, sont capables de transporter des enfants, et parfois aussi des enfants handicapés. Il va sans dire que nous avons jugé du niveau de risque et de notre  de responsabilité, car il n'était pas question d'avoir le moindre accident. Tout cela ne peut se faire qu'avec des chevaux parfaitement dressés "dans la complaisance". Mais ces expériences quotidiennes que nous avons à Conty restent au niveau de notre bonheur intime. Un éclairage plus fort grâce aux concours internationaux, en présence de meneurs ou d'entraîneurs de renom, c'est autre chose pour le Para-attelage. C'est aussi vous, les médias qui amenez de la notoriété par vos coups de projecteur.

         A titre d'exemple je rappelle que sur la Route du Poisson, une équipe de personnes handicapées, les Hardis Mareyeurs a eu une aura extraordinaire auprès du public. Aujourd'hui je suis plutôt pessimiste. Je me demande si l'époque est bien adaptée, plus orientée qu'elle est  vers la banalité des exercices que vers la personne handicapée. A.H

 

           Francis HUET : il est Président du comité départemental olympique et sportif de Seine-et-Marne, et Président du comité départemental d'équitation de Seine-et-Marne. Pour Francis Huet peu importe le nombre de meneurs potentiel sur les concours. Il faut rassembler toutes les bonnes volontés et lancer le projet.

         "Le sport pour handicapés en général est bien représenté dans la région Ile de France. Beaucoup de disciplines ont développé une branche "para". Je  constate que nombre d'établissements hippiques propose des activités équestres, mais plus à titre commercial à travers des leçons d'équitation, que d'ambition de compétition. Le para-attelage peut permettre à des personnes, de continuer une activité d'équitation sportive, sans pour autant monter à cheval. Sur Fontainebleau il existe des possibilités de développement et de financement. En 2020, il y aura les Jeux de Seine-et-Marne pour tous les sports et pour tous les sports concernant les handicapés. Il se serait dommage de ne pas profiter de l'occasion pour faire entrer le Para-attelage dans cette grande manifestation. Je pense qu'il faut que nous nous réunissions tous très vite. Il y a quelque chose à faire au niveau national."

         " Des besoins de voitures adaptées vont se poser, nos revendeurs en France peuvent certainement y répondre. Il faut aussi entrer dans les centres de rééducation, rencontrer les directeurs et les kinésithérapeutes, et voir avec eux, comment sortir les personnes handicapées avec des exercices de rééducation par l'attelage. Je vais dans quelques jours, avoir des contacts pour des débouchés de Para-attelage sportif, mais je ne peux pas en dire plus pour le moment. Et il y a trois axes de travail : le sport santé handicap, le sport rééducation handicap, et le sport compétition handicap. C'est ce dernier qui doit  plus précisément nous intéresser, car nous avons le savoir "attelage", l'expérience du passé avec le Val de Selle, les organisateurs de compétition qui ont les infrastructures sportives, et peu importe le nombre de participants." FH

 

        


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