Article proposé par Heliosness, paru le 18/01/2017 13:24:02
Rubrique : Organisation des Sports Equestres, lu 1386 fois. 3 commentaires
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WILD CARD : joker ou bandit-manchot ?


 

Daniel Naprous, Londres 2016

Avant que ne débute la prochaine étape de la Coupe du monde d’attelage à 4 en salle qui se déroulera à Leipzig les 20 et 22 janvier 2017, je vous invite à examiner quelques instants, avec moi, la providentielle « Wild Card ».

Quelle est la meilleure traduction possible de cette expression anglaise, la plus juste, celle qui peut le mieux rendre compte de son utilité, des différents usages qui en sont faits ?

Carte sauvage au sens de libre qui permet d’outrepasser les règles de qualification et de donner sa chance à un(e) athlète insuffisamment bien classé(e), ou effrénée lorsqu’elle fait référence à la course aux gains et aux titres à laquelle certains semblent se livrer, ou autrement farouche lorsqu’il s’agit de dénier à d’autres d’égaler une fois sa position, ou bien violente quand d’aucuns veulent vaincre coûte que coûte, dans un désir démesuré d’exhiber leurs talents, ou encore farfelue quand le meneur est vraiment très en deçà du niveau requis, ou tout simplement une jolie carte Joker, telle celles qui réjouissent nos bambins dans certains jeux de société, qui ne rapportent pas de points, n’ont pas de valeur en soi mais créent la surprise en déstabilisant les adversaires ou permettent de sauver la face en venant combler un manque et de poursuivre la partie tout en conservant une chance de remporter la mise ?

 

Sébastien Mourier, Windsor 2016

Commençons par un petit bonjour au Règlement spécifique de la FEI World Cup™ Driving qui indique, en son article “2.11. At each Leg, five of the 10 Qualified Athletes may compete, plus one to three Wild Cards.”  Que je traduis de la manière suivante : “A chaque étape, 5 des 10 athlètes qualifiés peuvent concourir, plus (+) de un à trois jokers. ”

Ce que je comprends ainsi, en ma qualité de professionnelle du langage, non point d’empêcheuse de tourner en rond : les concurrents qui peuvent bénéficier d’une wild card ne font pas partie des 10 qualifiés, sens porté par le mot « plus » qui signifie ici littéralement « auxquels 10 athlètes qualifiés il convient d’ajouter ». Ces jokers sont donc réservés à des meneurs qui ne sont pas suffisamment bien classés pour concourir de plein droit, ou qui n’ont pas pu ou voulu s’engager pour toute la saison, mais auxquels les organisateurs auraient envie de donner l’opportunité de se mesurer aux meilleurs, aux champions, aux idoles, sans aucun risque, l’enjeu étant au pire de repartir presque aussi riche ou pauvre qu’on y est venu, d’avoir rêvé et d’avoir fait rêver.

Les Organisateurs de l’étape de Budapest ont compris la même chose que moi.

Cela correspond bien, si je ne m’abuse, à l’état d’esprit qui présida à la création de cette Coupe du Monde. Offrir l’opportunité à des athlètes méritants, bien que placés un peu trop loin dans la liste de qualification, de se faire mieux apprécier, d’intéresser le public et/ou les organisateurs, de sortir du peloton par un coup d’éclat, pour varier les plaisirs, rompre la monotonie, valoriser le mérite de plus jeunes, récompenser l’assiduité de plus anciens... Bref, gratifier l’esprit sportif, que diable !

C’est aussi l’occasion pour ces athlètes invités de gagner un peu d’argent car, si la Wild Card ne permet pas de remporter des points, elle permet d’empocher la prime qui correspond au rang atteint à chacune des deux compétitions de l’Etape, ce qui, parfois, est loin d’être négligeable.

 

Rainer Duen

Une Wild Card peut être attribuée au même meneur invité sur plusieurs étapes. C’est le cas, pour ne parler que de cette saison 2016/2017, de Benjamin Aillaud qui a été invité à Genève et à Bordeaux ainsi que du Suédois Fredrik Persson qui a bénéficié de la carte d’invité local à Stockholm et que l’on retrouvera pour la Finale à Göteborg en Suède. Une carte Joker est obligatoirement réservée à un athlète du pays qui organise l’Etape ou la Finale, sportif impérativement administré par la Fédération Nationale dudit pays. On comprend mieux tout l’intérêt qu’il y a, pour un meneur, à se comporter en petit pion obéissant sur l’échiquier maté par sa fédération !

Je me demande grâce à quel tour de passe-passe, qui ne date pas d’hier, quelques-uns, parmi les dix athlètes qualifiés, ont pu se voir accorder de concourir avec cette carte chance « la banque vous fait un cadeau, servez-vous ! » … au bénéfice, sans doute, que tout ce qui n’est pas expressément interdit est permis… ce comportement n’a tellement rien d’inédit !

C’est ici que moi, et je pense être un cas isolé car l’argent est devenu un dieu au pied duquel la Planète entière se prosterne, je décroche car, lorsqu’ils effectuent leur tour de manège gratis, ces champions quasiment imbattables, privent les joueurs occasionnels, qui ravivent en nous l’espoir que la chance sourit aux audacieux, des plus grosses primes, tandis que ces Oncle Picsou se constituent un bas de laine grassement boursouflé !

Pour mieux vous persuader que je n’invente rien, car j’ai bien conscience que mon esprit critique donne un tour pamphlétaire à ma méticuleuse analyse, cheminons ensemble plus avant dans la lecture du règlement spécifique :

“3. The Wild Cards

Les jokers

A)   FEI World Cup™ Legs

Les étapes de la Coupe du monde FEI

3.1. Any Athlete who competes in a Leg with a Wild Card entry cannot earn FEI World Cup™ points from his result from that Leg.

Aucun athlète qui concourt dans une étape avec une carte joker ne peut gagner de points comptant pour la Coupe du monde à partir de ses résultats à cette étape.

Donc ces compétiteurs ne font pas d’ombre aux athlètes qualifiés. Admettons que Sébastien Mourier ou Benjamin Aillaud arrivent premier à Bordeaux, ils ne priveront pas Edouard Simonet de ses 10 points s’il fait une seconde place.

Benjamin Aillaud, Genève 2016

“3.2. All Athletes who may be invited to compete with a Wild Card entry must have completed at least one Outdoor Qualifier (without Disqualification, Elimination or retirement) in the relevant Qualification Period.

Peut être invité à concourir avec une carte joker, tout athlète qui a effectué complètement au moins une épreuve qualificative d’outdoor (sans disqualification, élimination ni abandon) durant la période correspondante de qualification.

Glenn Geerts, Mechelen 2016

Il faut donc avoir concouru en 2016 à l’une des 13 compétitions suivantes : Horst (Pays-Bas), Valkenswaard (Pays-Bas), Fabiansebestyen (Hongrie), Windsor (Grande-Bretagne), Saumur (France), Topolcianky (Slovaquie), Drebkau (Allemagne), Lipica (Slovénie), Aachen (Allemagne), Nebanice (République Tchèque), Lähden (Allemagne), Bréda (Pays-Bas) et Donaueschingen (Allemagne).

Glenn Geerts a participé à 6 compétitions dont Horst où il obtint la 10ème place, Fabiansebestyen où il fit une 8ème place tandis que Werner Ulrich y finissait 4ème et Miklos Juhasz 10ème, à Lähden, Geerts finissait 6ème devant Fredrik Persson 7ème. Benjamin Aillaud quant à lui, finit 18ème à Saumur mais 11ème à Breda, 7ème à Donaueschingen et 5ème à Nebanice. Le moins bien classé de tous est Daniel Naprous au 30ème rang à Bréda. Sébastien Mourier est le dernier à avoir obtenu une Wild Card pour l’étape de Bordeaux. Il avait participé avec succès à Windsor y terminant 12 ème.

 

Werner Ulrich photo R. de Craen/FEI Genève, 2012

“3.3 One Wild Card may be allocated by the Organising Committee (hereinafter “OC”) of the country in which the Leg is held, in agreement with the NF. This Wild Card is reserved for an Athlete administered by the NF where the Leg is held.

Une carte joker peut être accordée par le comité d’organisation (ci-après dénommé “OC”) du pays dans lequel l’étape a lieu, en accord avec la Fédération Nationale. Cette carte joker est réservée à un athlète administré par la Fédération Nationale où se tient l’étape.

Ce fut le cas pour Werner Ulrich à Genève, M. Juhasz à Budapest, Glenn Geerts à Mechelen, Dan Naprous à Londres, F. Persson en Suède et l’un de nos deux Français à Bordeaux. Seuls les deux Legs allemands n’ont pas vu d’outsider sur leurs pistes, les deux compétiteurs allemands faisant partie des 10 athlètes qualifiés.

Extrait du document officiel de l’étape de Mechelen

 

“3.4. Two additional Wild Cards may be allocated by the OC in accordance with the FEI Rules and Regulations.

Deux cartes joker supplémentaires peuvent être accordées par le OC dans le respect des Règles et Règlementations de la FEI.

3.5. All Athletes who have been granted a Wild Card to compete are required to start first in order in Competition 1. If there is more than one Wild Card, the starting order for Wild Card entries in Competition 1 shall be decided by draw as per the schedule.

Tous les athlètes qui bénéficient d’une carte joker pour concourir sont priés de commencer en premier dans l’ordre de la compétition 1. S’il y a plus d’une carte joker, l’ordre de passage pour les cartes joker dans la compétition 1 doit être décidé par tirage au sort selon le programme.

Les Organisateurs de Budapest ont bien respecté ces articles et sont les seuls à avoir appliqué cette nouvelle règle qui ouvre le Drive-Off 1 à tous les meneurs.

“3.6. All Athletes entered to compete in Legs must compete in Competition 1, unless an exception is granted by the FEI. In such case the Athlete has to go first in the Competition 2.

Tout athlète qui s’engage à concourir dans une étape doit disputer la compétition 1, sauf si une exception a été accordée par la FEI. Dans ce cas, cet athlète doit passer en premier dans la compétition 2.

         Aucune difficulté particulière si ce n’est que les cartes Joker ont été allouées à des joueurs qualifiés d’office dans la moitié des étapes à l’exception de Stockholm, Budapest, Genève et Bordeaux qui sont les seules étapes à respecter pleinement les règles du jeu. L’ordre de passage a toujours été respecté. Jusqu’ici personne n’a fait le coup de la dispense de la compétition 1 par la FEI. Les meneurs qualifiés qui ont le plus bénéficié de cet avantage que procure la Wild Card cette saison sont :

- Boyd Exell avec 3 Wild Card à Londres, Mechelen et Leipzig,

- Georg von Stein avec 2 Wild Card à Stuttgart et Leipzig,

- Koos De Ronde avec 1 Wild Card à Mechelen,

- Rainer Duen avec 1 Wild Card à Leipzig.

Georg von Stein, Mechelen 2016

“B) FEI World Cup™ Final

La Finale de la Coupe du monde FEI

 

3.7 At the Final, one Wild Card may be allocated by the OC of the country in which the Final is held, in agreement with the NF. This Wild Card is reserved for an Athlete administered by the NF where the Final is held.

Lors de la Finale, une carte joker peut être allouée par le OC du pays dans lequel la Finale a lieu, en accord avec la Fédération Nationale. Cette carte joker est réservée à un athlète administré par la Fédération Nationale où se tient la Finale.

3.8. An Athlete who may be invited to compete with a Wild Card entry must have completed at least one Outdoor Qualifier (without Disqualification, Elimination or Retirement) in the relevant Qualification Period and must start first in order in Competition 1.

Un athlète qui est invité à concourir avec une carte joker doit avoir effectué complètement au moins une épreuve qualificative outdoor (sans disqualification, élimination ni abandon) durant la période de qualification et doit débuter en premier la compétition 1.

Fredrik Persson entre bien dans ce cadre.

Nous voici parvenus au terme de notre promenade au pays des courses de vitesse. Il ne nous reste plus qu’à examiner combien cela rapporte aux concurrents. Je n’ai pas fait l’inventaire des dépenses car les frais d’engagement, les taxes à verser aux différents pays, les indemnités kilométriques et autres facilités sont les mêmes pour tous les candidats dans un rayon de 1.000 kilomètres autour de l’arène mais varient en fonction des équipements de chacun. Voici les articles extraits de notre Règlement FEI World Cup™ Driving rules.

 

“11. The Entry Fee/Prize Money

Frais d’entrée/Prime

11.1. An OC can, if they wish, charge a combined entry/stable fee per Athlete of up to a maximum of Euro 500.

Un OC peut, s’il le souhaite, facturer des frais d’entrée par athlète s’élevant au maximum à 500 euros.

11.2. The prize money at all regular Legs and the Final must be at least as follows, either in Euro or in Swiss Francs.

La prime à chaque Etape régulière et à la Finale doit être au moins comme suit, en euro ou en francs suisses.

 

Competition 1

EURO

Competition 2

EURO

1st

3100

5500

2nd

2100

4000

3rd

1700

3000

4th

1300

2750

5th

1000

2250

6th

800

2000

Total

EUR 10’000*

EUR 19500

       

Rien n’empêche un Organisateur de décider de donner davantage comme ce fut le cas à Genève cette année pour la Compétition 2 (8150, 6150, 4650, 3750, 3150, 2650 et 2050) mais il ne peut pas donner moins.

Koos De Ronde, Mechelen 2016

 

11.3. If a seventh Athlete competes the seventh placed Athlete is to receive the following:

Si un septième athlète concourt, l’athlète qui arrivera en septième position recevra ce qui suit :

Competition 1 € 400.-

Competition 2 € 900.-

If an eighth Athlete competes, the eighth placed Athlete is to receive the following:

Si un huitième athlète concourt, l’athlète qui arrivera en huitième position recevra ce qui suit :

Competition 1 € 300.-

Competition 2 € 800.-

An Athlete who does not finalise the Leg or the Final because the Athlete retires, is eliminated or for any other reason shall receive half of the prize money in question. Exception: see Article 8.9.

Un athlète qui ne finirait pas une Etape ou la Finale parce que l’athlète se retire, est éliminé ou pour n’importe quelle autre raison doit recevoir la moitié de la prime en question. Exception : voir Article 8.9.

C’est bien ce qui est arrivé à Stockholm à Edouard Simonet qui a été éliminé de la compétition 1 parce qu’il ne savait pas ou avait oublié que, lorsqu’un élément d’un obstacle de marathon a été détruit et nécessite d’être reconstruit, le meneur doit reprendre, après que le Président du Jury a sonné la reprise, dès la porte A et non pas poursuivre à l’endroit où il a fauté. Etant le sixième, il a touché 400 euros, soit la moitié des 800 euros prévus. Mais comme tout l’argent doit être distribué aux compétiteurs, les 400 euros qu’il n’a pas touchés ont été équitablement partagés entre les cinq autres concurrents qui ont reçu chacun 80 euros supplémentaires.

Donc, normalement, un organisateur ne peut pas accepter plus de huit compétiteurs lors d’une Etape, c’est-à-dire les 5 qualifiés + le joker du pays où a lieu l’étape + 2 autres jokers qui ne figurent pas parmi les 10 sélectionnés ni plus de 7 à la Finale, soit les 6 finalistes + le joker national.

Je dis parmi les 10 sélectionnés et non parmi les 10 meilleurs mondiaux car rien n’interdit d’accorder une Wild Card à l’un des dix meilleurs mondiaux s’étant désisté pour la coupe du monde. Ce n’est pas parce qu’il ne peut effectuer la totalité des épreuves qu’il ne peut pas accepter une invitation ponctuelle. Par exemple, Chester Weber, Mickaël Brauchle ou Christoph Sandman auraient très bien pu obtenir une Wild Card pour Leipzig.

Boyd Exell

Le recordman des participations n’est autre que Boyd Exell qui aura effectué 7 étapes sur les 8 Legs de qualification. Qu’est-ce qui anime ce joueur ? Tout gagner sans rien laisser aux autres comme au Monopoly ? Collectionner le plus de victoires possibles pour battre tous les records ? Etre confronté à un maximum d’adversaires, de contextes, de configurations d’arènes et de plans ? Est-il soumis à une forme d’addiction passionnelle à ce jeu ? Est-il contraint par ses sponsors à se produire le plus possible pour leur donner une visibilité la plus large envisageable ? Ou veut-il gagner le plus d’argent possible pour faire tourner son entreprise ? Cet homme a de très grandes qualités de meneur, un bel état d’esprit, une humanité rare ; il est intelligent, excellent stratège et, je veux continuer à le croire, un authentique passionné. Cependant, je ne peux faire l’économie d’un doute quand je considère le tableau des gains de la saison, à ce jour. Après l’étape de Mechelen, sa 5è participation, il a empoché 43.330 euros contre 27.030 s’il n’avait pas participé à Londres et à Mechelen avec les opportunistes Wild Card, soit une différence éloquente de 16.300€. Le second sur l’échelle des gains pour l’instant est Joszef Dobrovitz qui, en effectuant ses 4 Legs réglementaires, a gagné 21.750€ tandis que Koos De Ronde a empoché 4.850 euros de plus que ce qu’il aurait eu s’il n’avait pas bénéficié d’une Wild Card à Mechelen.


J’ai un peu peur que nous assistions aujourd’hui à l’amorce de la dérive de la professionnalisation de notre sport ; à un détournement des règles du jeu qui profite à une minorité. Je n’ai rien contre le fait de rétribuer le talent et les performances, au contraire, et nous savons tous combien l’attelage est le parent pauvre de l’équitation alors que les frais sont exorbitants. Lorsqu’à Genève Boyd Exell a remporté 8.150€, son pendant au CSO en empochait, lui, 1 million et demi ! Raison de plus, puisque le gâteau est maigre chez nous, de le partager avec un souci aigu de l’équité.

A Mechelen, Boyd Exell et Koos De Ronde, titulaires de Wild Card raflent les plus grosses primes lors de la Compétition 1.

Je pense que le non respect des règles dissout le jeu et qu’il n’y a de plaisir à jouer et à regarder jouer, que lorsque les dés ne sont pas pipés. S’il est vrai que les champions charismatiques rapportent aux organisateurs des entrées, des spectateurs et des sponsors et aux fédérations de nouveaux adhérents et pratiquants, c’est soumis à la condition de la seule beauté de la performance sportive non entachée du soupçon d’arrangement. Le Règlement actuel prévoit que chacun de ces remarquables champions soit présent sur la moitié des Etapes qui sont quasiment les mêmes d’une année sur l’autre. Il y a donc moyen de les voir tous si la répartition tourne.

Voudrait-on nous faire croire que, sans Boyd Exell les étapes de Londres, Mechelen et Leipzig n’auraient présenté aucun intérêt ? Ce serait faire injure aux autres athlètes et à leurs supporters. Je me suis régalée à tous les regarder car ils ont, chacun d’eux, un style personnel. Et c’est de leurs différences que provient l’intérêt qu’ils suscitent tant pour les spécialistes que pour les profanes.

Je suis curieuse de découvrir dans quel sens le Règlement sera modifié pour la prochaine saison…

 

J’aurais bien voulu que l’avatar moderne du dieu Seth, l’argent, n’ait point écharpé, avec sa dépouille, l’art équestre de prédilection du dieu Osiris.

©Heliosness

 


  Commentaires
-une problème d'interprétation par Dabbie (18/01/2017 20:47:37)
Il n'est marqué nul part dans les règlements que un 'wild card' ne peut pas être offert à un ' Qualifié '.
-L'interprétation c'est justement le problème par Heliosness (18/01/2017 22:01:55)
Dans ce billet, je montre combien il est difficile d'écrire un Règlement ou une loi. L'article 2.11 est clair et précis avec le moins de mots possible. Si je vous fais cette proposition : "A chaque étape, 5 des 10 athlètes recevront 1000 euros plus de 1 à 3 tickets de parking" vous comprenez immédiatement que chacun d'eux ne recevra pas 1000 euros encore 1000 euros avec 1 ticket de parking mais bien 1000 euros 1 ticket ou 2 tickets ou 3 tickets de parking. Et j'écris bien que certains ont choisi d'interpréter l'article de manière fautive parce que les auteurs du Règlement l'ont jugé suffisamment clair pour ne pas ajouter "Il est évident que ces wild card ne peuvent pas être attribuées aux 10 athlètes qualifiés", car cet ajout aurait été redondant. Je montre ici que la redondance est loin d'être superflue et j'attends de voir ce qui sera précisé dans la révision du Règlement.
Vous savez, en général, quand vous constatez qu'un comportement est minoritaire, c'est qu'il n'est pas si évident qu'il soit légal.
En droit, pratiquement toutes les lois peuvent être interprétées comme le 2.11 ici l'a été, par certains, sur le terrain et il arrive même souvent que ce qui, linguistiquement, est un non sens, fasse jurisprudence et devienne autorisé sans devenir jamais la loi mais pouvant entrer dans ce qu'on appelle l'esprit de la loi.
Aux responsables de la World Cup de décider d'autoriser ou non cette pratique qui n'est pas acceptée par tous les comités d'organisation comme je l'ai montré également. Mais il y a d'autres articles qui ne sont pas respectés non plus. Normalement il doit y avoir un Drive-Off 1 mais il n'y en a pas toujours. Le Drive-Off 1 doit être effectué par tous les athlètes depuis cette année mais tous les comités n'ont pas respecté cette règle ; Le Drive-Off 2 doit obligatoirement être différent du Drive-Off 1, or ce n'est quasiment jamais le cas, etc.
Aux concurrents de décider s'ils ont envie d'accepter ce qu'ils peuvent aujourd'hui légitimement contester.
Je trouve qu'il est toujours plus intéressant d'avancer sous un ciel dégagé plutôt que dans le brouillard ; cela présente l'avantage de savoir où on met les pieds.
Merci de votre lecture et de votre commentaire Dabbie.
-En langage des mathématiques par Heliosness (19/01/2017 12:21:28)
Si cela apporte plus de clarté, en langage des mathématiques, l'article 2.11 serait rédigé ainsi 1L = 5/10x ay avec a={0,1,2,3} que je rédige en toutes lettres car cette police de caractères n'accepte pas tous les signes "Pour tout Leg, il faut 5 sur 10 x plus ay avec a pouvant prendre les valeurs 0, 1, 2 ou 3." Dans une équation mathématiques, un x ne peut pas être un y et réciproquement.
Tout devient plus compliqué avec l'article 3.3 qui offre la possibilité de réserver 1y à un athlète du pays, qui crée donc un sous-ensemble dans l'ensemble des y. Ce qui est une simple possibilité semble être devenu une règle sans doute en raison de la rédaction de l'article 3.4 qui, si les créateurs du Règlement voulaient que ce soit bien seulement une possibilité, auraient dû commencer l'article 3.4. par ces mots "Dans le cas où l'OC choisit d'appliquer l'article 3.3. alors il peut accorder deux Wild Card supplémentaires, etc. Mais finalement rien n'oblige un OC à réserver une Wild Card à un athlète local sauf en Finale où il est le seul à pouvoir en bénéficier (c'est peut-être cette obligation qui a été généralisée). Le 3.4. pour être rigoureux aurait dû se poursuivre par "Dans le cas contraire, c'est-à-dire où l'OC choisit de ne pas appliquer le 3.3., les 3 Wild Card peuvent être distribuées conformément à l'article 2.11."
Ces règlements, je l'ai déjà dit, sont on ne peut plus complexes.
Du coup je réalise que j'ai oublié, dans le tableau des primes, de mentionner la différence de gains pour Georg von Stein qui est de 12.300 euros sans la compétition Wild Card soit 4.000 de moins que ce qu'il a touché au total.