Article proposé par Redaction, paru le 14/09/2016 08:13:13
Rubrique : Interviews, lu 4736 fois. 14 commentaires
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Lettre ouverte à Quentin Simonet et Félix-Marie Brasseur


 

Si on refaisait l'Histoire, cela serait-il utile pour l'avenir ? Essayons si vous le voulez bien.

         Entre la FFE et la FEI, un obstacle : la langue ! Est-ce parce que les textes sont rédigés en anglais que les responsables FFE de l'équipe de France se sont laissé prendre au piège ?

         Décidément, à attelage.org, on ne digère pas la 8eme place de la France par équipe. Aussi, ai-je décidé de lire le règlement de la FEI qui m'a paru plutôt limpide.

         On se souvient que Félix Marie Brasseur m'avait expliqué que le choix des meneurs constituant l'équipe avait été fait de manière stratégique, chacun des trois représentant un atout pour chacune des épreuves.

Effectivement, l'article 905 des Driving rules 2016 de la FEI intitulé ( je vous donne ma traduction) " Classement des équipes pour Championnat et CAIO " stipule que le classement, je cite, "est déterminé par addition des scores des deux athlètes de chaque équipe nationale qui ont le moins de pénalité dans chaque épreuve… "

         Donc jusqu'ici, le raisonnement de F-M Brasseur tient la route. En effet les deux meilleurs au dressage sont B.Aillaud et T. Coudry, les deux meilleurs au marathon, S.Vincent et B.Aillaud, et les deux meilleurs à la maniabilité B.Aillaud et S. Vincent.

         Seulement le paragraphe n'est pas terminé, il se poursuit ainsi : « Seuls les scores de ceux des membres de l'équipe nationale qui ont réussi toutes les trois épreuves peuvent être comptabilisés dans le score final par équipe. »

         Patatra… Thibault Coudry éliminé au marathon, aucun de ses scores ni au dressage ni  à la maniabilité ne peut être comptabilisé ! Son score au dressage faisait gagner une place à la France qui, avec 440,54 points passait devant la Suède.

         Bof, me direz-vous, huitième ou septième, ça ne change pas grand-chose. Certes. Vous dédire n’apporterait pas d’eau à mon moulin… En revanche, que penser de nos estimés stratèges ? Ignoraient-ils ce point du règlement ? Dans le cas contraire, pourquoi ne pas avoir choisi Fabrice Martin, dont les scores nous auraient hissés à la 4ème place ?

         On s'interroge... Il semble évident que lorsque l’on constitue une équipe pour le championnat du monde, on le fait en mettant toutes les chances de son côté, sans mépriser les risques d’élimination ou de disqualification, sans faire entrer en ligne de compte d'éventuelles considérations sur une personne, sauf à constater des entorses à la charte de l'athlète de haut niveau. Quels étaient les résultats respectifs de chacun des meneurs éligibles à une place en championnat cette année ? Je rappelle que deux places sont restées vacantes.

Un autre point, que vous pouvez lire à l’adresse suivante :

http://inside.fei.org/system/files/QualCrit_CH-M-A4%202016%20Driving_updated%2002.06.2016.pdf,

… précise que seuls les meneurs ayant réussi toutes les épreuves, sans élimination ni disqualification ni abandon, de deux concours internationaux 3* et y ayant obtenu une note inférieure ou égale à 65 points au dressage, entre le 1er janvier 2015 et le 2 août 2016, pourront concourir à Bréda.

En outre, il n’est fait nulle part mention de l’obligation, pour le meneur, d’avoir concouru avec les chevaux qu’il présente au championnat du monde. Il suffit, me semble-t-il, que les chevaux de leur côté et le meneur du sien aient satisfait auxdites exigences.

Tout cela nous amène à Anthony Horde et Sébastien Mourier. Le premier avait été maintenu jusqu’au dernier moment dans l’équipe de France alors que ses résultats en dressage excédaient les limites rappelées plus haut. La FEI n’a pas accepté de faire exception. Visiblement, Quentin Simonet, le Conseiller Technique et F-M Brasseur, l’entraîneur, espéraient obtenir une dérogation qui n’a pas été concédée. La tentative aurait été louable s’ils avaient prévu une solution de rechange.

Quant au second, Sébastien Mourier, il nous  a interpellés à deux reprises sur son cas. Comment ce fait-il qu'il n'ait pas été accepté à concourir alors qu'il a obtenu 59 en dressage à Windsor avec les deux chevaux de volée utilisée à Breda par Benjamin Aillaud? Et qu'il était le meilleur français ; qu'il est qualifié ; que Pierre Jung lui prête généreusement un attelage de quatre chevaux lui appartenant et étant qualifié également ?

 

Les chevaux de volée du team Benjamin Aillaud préparés par Sébastien Mourier en 1 année

 

Benjamin Aillaud

         A mes questions, l’entraîneur de l’équipe de France avait répondu qu’il ne voulait pas engager un Team qu’il n’avait pas vu concourir ensemble, meneur et chevaux, au moins une fois.

         Sébastien me dit qu’il a obtenu l’accord de l’organisatrice de Bréda, Marie de Ronde Oudemans. Il finit par penser que la cause est personnelle.

         Il a déclaré à JCG :

         « Stéphane Chouzenoux, aux JEM, est parti avec un cheval qu'il avait acheté un mois auparavant. Il ne faut pas deux poids deux mesures, et me donner comme argument que je ne connais pas les chevaux de Pierre Jung dont on doit saluer l’esprit sportif… En plus il est plus facile de prendre un team déjà constitué que d'ajouter un ou deux chevaux dans un team existant. Depuis les jeux équestres mondiaux j'ai fait Aix la Chapelle l'année dernière, j'ai tourné cet hiver sur la Coupe du Monde à Genève, en début d'année j'ai fait Horst et Windsor avec une septième place au marathon derrière les meilleurs mondiaux et je suis le meilleur français avec un tout jeune attelage. On me laisse partir avec un jeune attelage sans expérience sur un CAIO, et on ne veut pas me laisser partir sur ce Championnat du Monde avec un attelage confirmé et performant dans tous les tests !

         Que me reproche-t-on ? Avec les jeunes chevaux j'ai participé à tous les stages de la fédération à Lamotte-Beuvron. J'ai même été aux stages organisés pour les paires pour améliorer le travail des chevaux. Je pense avoir montré toute ma détermination pour les qualifications. Aujourd'hui je me pose la question, de savoir si ce n'est pas un problème de personne plus qu'autre chose, et que les raisons sont autres que sportives. Je ne pense pas que cette décision de la fédération aujourd'hui serve les intérêts de l'attelage français. J'espère que la fédération me donnera une explication concernant cette décision, je pense que ma demande est légitime et que tout sportif doit avoir en retour de ses investissements tous les éclaircissements qu'il demande à sa dite fédération."

         Sur place à Bréda, Sébastien Mourier me dit qu’il a battu certains meneurs placés devant Sébastien Vincent cette fois-ci au marathon.

         Il affirme également n’avoir reçu aucune réponse qui le satisfasse de la Fédération à sa requête.

         Y a-t-il eu une réelle évolution en deux ans ? Oui, pense Jean-Claude. Selon lui,  elle serait due au travail, bien sûr, mais peut-être, surtout, à l'apprentissage du haut niveau de cette discipline acquise  par une  expérience internationale, qui s'enrichit de concours en concours... mais ce n'est que son avis !

         Sur le fond, peut-il y avoir une évolution durable ? La base de l’attelage, ne sont-ce pas les chevaux ? Il n’y a aucune stabilité à ce niveau. Seul Fabrice Martin travaille les mêmes depuis cinq ans, pourtant ce critère n’a pas fait pencher la balance en sa faveur. Benjamin Aillaud a fait des merveilles avec les deux chevaux de volée entraînés et préparés par Sébastien Mourier, les deux timoniers n’étaient pas les mêmes à Windsor. Benjamin continuera-t-il avec ce team ou bien avec ses propres Lusitaniens ? Thibaut Coudry, tout à sa déception, me dit qu’il souhaite changer ses chevaux qui ne lui semblent pas si bien convenir au niveau international ; Félix-Marie Brasseur me dit que ce ne sont pas les bons meneurs qui manquent mais des meneurs avec des chevaux et de très bons chevaux bien préparés de préférence. J’ignore ce qu’il en est de Sébastien Vincent dont l’attelage est très jeune.

         Allons-nous toujours devoir compter sur la générosité des propriétaires ? Pour la préparation des JEM 2014, les Haras Nationaux et autres IFCE avaient été mis à contribution avec un succès relatif, qu’il ne faut pas minimiser cependant, car ils avaient disposé de peu de temps. Mais, le succès escompté n’ayant pas été au rendez-vous, tout s’est délité à la vitesse des déceptions amoureuses : que d’affects dans ce sport ! sans se laisser le temps de la réflexion, d’un réaménagement des forces et des talents. Les chevaux ont été retirés aux meneurs, vendus séparément… Bref ! Le temps n’est-il pas  venu de s’asseoir tous autour d’une table et d’organiser les conditions d’un succès à la portée de nos courageux meneurs qui ont su faire preuve de sacrifices ?

         Nous ne vous agressons pas, messieurs Simonet et Brasseur, nous aimons notre sport, voulons son essor et aimerions des réponses simples et claires des dirigeants. Des réponses qui permettent à nos lecteurs de comprendre, dans le détail, la cohérence de vos raisonnements ; des réponses qui ramènent la sérénité parmi tous les meneurs, ajoutent de la transparence aux décisions fédérales, rassurent l'ensemble des acteurs de la discipline et nous permettent de vous soutenir avec enthousiasme et sans défiance.

         Cette tribune est la vôtre !

Heliosness / Jean Claude Grognet

 

 

 

 

 

 


  Commentaires
-Bravo ! par JUJU (15/09/2016 13:24:24)
Bravo Nathalie, je partage.... il fallait que ce soit dit !
-Merci par Heliosness (15/09/2016 14:24:12)
Merci Julie.
-Question par VALEGRO (15/09/2016 17:13:05)
Bonjour, j'ai fait un commentaire hier et il n'apparait pas. A-t-il été censuré ?
-non par JeanClaudeGrognet (15/09/2016 17:20:24)
sans doute fausse manoeuvre
-pas de langue de bois par Country53 (16/09/2016 09:54:33)
Bravo et merci pour ces commentaires,ceci devrait amener des explications claires des responsables
-merci par JeanClaudeGrognet (16/09/2016 10:21:40)
c'est l'objectif, ouverture au dialogue et transparence.
-Après tout, "Qui ne dit mot consent" par Heliosness (17/09/2016 02:00:45)
Cette Lettre ouverte sans exercice de droit de réponse restera-t-elle lettre morte ?
Le silence laisse libre court à toutes les interprétations.
Sans doute sommes-nous encore, et pour longtemps avant-gardistes...
J'aurais accepté d'avoir tort...
-On a changé d'époque ! par JeanClaudeGrognet (18/09/2016 18:36:46)
S'exprimer pour expliquer et évacuer les points durs est aujourd'hui pratique courante de la part des entraîneurs ou responsables dans tous les sports, inutile de citer les plus récents.
Apparemment pas encore chez nous, mais ça viendra, c'est le sens de l'histoire.
Ce n'est pas faire injure au "Respect du au Maître" cher à Maître Couillaud.
-merci pour ce texte par Antigone (20/09/2016 09:02:29)
nous partageons pleinement votre analyse;il semblerait qu'il y ait 2 poids,2 mesures dans l'application des textes !
béatrice et gérard
-merci pour la tribune par QUIDAM (20/09/2016 11:11:00)
sélection obscure, résultat en demi teinte, n'est on pas passé à coté d'un podium
Adeline et Bruno
-Merci pour cette lettre par Zebulon (21/09/2016 16:38:57)
Assez de nous prendre pour des canards sauvages
Assez de langue de bois on n'est pas dupes
Nos sages vont ils un jour descendre du donjon?
-la lettre ouverte par Country53 (22/09/2016 10:05:16)
je pense qu'avec plus de 3000 lectures de cette lettre ouverte les choses ne seront plus comme avant.les responsables doivent communiquer et ne pas jouer le silence est le plus grand des mepris
-Lettre ouverte à Quentin SIMONET et Félix- Marie BRASSEUR par Hugoboss76 (26/08/2019 15:45:18)
Et aujourd'hui en 2019 où en sommes nous?
-Mon cher Christian par JeanClaudeGrognet (26/08/2019 17:04:57)
rien de nouveau sous le soleil... que de la communication orientée d'autosatisfaction directe ou en filigrane. On accepte le système ou on va jouer ailleurs.