Article proposé par JeanClaudeGrognet, paru le 14/07/2014 09:44:17
Rubrique : L'attelage de Tradition, lu 5142 fois. Pas de commentaires
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Rondes ou carrées elles sont belles....


 

Les lanternes

 

         Rondes ou rectangulaires, simples ou sophistiquées, les lanternes font partie de ces objets pour lesquels la qualité de la fabrication allait de pair avec la beauté et l'utilité. Victimes des temps modernes, elles ont perdu leur fonction première mais continueront néanmoins d'éclairer nos souvenirs.

 

         Ce n'est qu'au Premier Empire, que les escortes de cavaliers porteurs de torches ont été remplacées par des lanternes fixées sur les véhicules hippomobiles.

Cette autonomie de l'éclairage a permis aux carrossiers et fabricants d'accessoires d'ajouter un objet de plus à leur catalogue. Adaptées aux voitures en fonction de leur style et de leur utilisation, les modèles les plus variés sont ainsi sortis des ateliers de Mulbacher à Paris, Guillon à Nice, Depigny à Lyon, Labourdette, Renault, Ehler, pour ne citer que ceux-là.

 

         Contrairement aux phares d'aujourd'hui dont la conception ne peut guère laisser de place à l' imagination, la fabrication des lanternes a toujours été un mélange de fonctionnel

et d'esthétique, voir même d'élégance.

A gauche,  lanterne rectangulaire à coins vifs généralement utilisée sur un break. A droite lanterne d'apparat inspirée de celles des carrosses du début du XIX siècle.

A gauche lanterne de Coach classique, à droite lanterne cylindrique de Berline ou de Coupé

A gauche lanterne provenant d'un Landeau ayant appartenu à la Principauté de Monaco. A droite lanterne "de grande remise" portant l'emblème de la Société des Petites Ecuries.

         Selon les moyens financiers du propriétaire, elles pouvaient être en tôle simple, en laiton, en cuivre argenté ou nickelé. Le choix de la forme dépendait bien sûr du genre de la voiture, mais surtout du goût de l'acheteur. Après les lanternes cylindriques, les plus anciennes, sont apparues des lanternes rectangulaires, rondes et ovales. Le début des années 1900, comme dans bien d'autres domaines, a apporté sa touche de fantaisie : mélange des métaux, formes plus recherchées, verres travaillés, biseautés... Hormis les carrosses ou berlines de grand gala du XIXème siècle qui étaient équipés de lanternes cylindriques aux quatre coins, les voitures n'utilisaient qu'une seule paire de lanternes, plus une lanterne frontale pour les grosses voitures publiques.

 

         La réglementation de la circulation de l'époque était bien moins complexe que notre code de la route. Elle imposait seulement le port d'un feu rouge à l'arrière de la lanterne gauche. Ensuite, chacun avait le choix de l' éclairage, l'appropriant à la taille du véhicule et àl' importance de l'attelage.

 

         Après 1900, lorsque l'on a attribué des numéros d'immatriculation aux fiacres, une lanterne rouge fut placée à l' arrière gauche, éclairant ainsi la plaque minéralogique. Pour permettre au cocher d'allumer les lanternes depuis son siège, les porte-lanternes furent disposés de part et d'autre de celui-ci. Ils étaient ronds pour les queues de lanternes rondes ou en fourche. Dans ce cas, l'embase de la lanterne s'y encastrait. Quant au moyen d' éclairage, l'honneur revient à la bougie et au judicieux système de ressort à boudins placé à l'intérieur de la queue de lanterne, permettant ainsi de conserver une hauteur constante de flamme au-dessus du bougeoir. C'est la bougie à pétrole qui a remplacé la cire. Avec le même principe d'installation, on a troqué la vraie bougie contre un tube en cuivre contenant du pétrole et dont l'extrémité était une mèche. Il ne restait donc plus qu'à faire régulièrement le plein du tube.

 

Avec la fin des déplacements nocturnes des attelages ou, tout simplement, avec la disparition

d'un des plus merveilleux moyens de locomotion, les lanternes décorent maintenant un coin de maison ou meublent une boutique d'antiquaire ! D'une existence toutefois récente, on ne peut pas vraiment parler de pièces de collection. Mais certaines d'entre elles, autrefois fabriquées sur mesure, sont devenues des pièces uniques, vestiges d'un artisanat révolu.

 

Amélie Poylo  Equus juillet 1992

 

N,D.L.R :Les lanternes que nous vous présentons appartiennent aux Ecuries Debut de Roseville et Hardy, établissement spécialisé dans la location d'attelages depuis plus de quarante ans. On y veille jalousement sur plus de quatre vingt paires de lanternes qui attendent, soigneusement  alignées, que sorte une voiture pour un tournage ou un spectacle.

 

 

A gauche lanterne ronde de Calèche, de Milord, ou encore de grosse voiture découverte. A droite lanterne à chapiteau de forme originale convenant à la plupart des voitures légères.

 

 

A gauche modèle de fantaisie pour voitures légères. A droite lanterne ronde surnommée "gamelle".

 

 

A gauche lanterne de Coach surmontée d'un chapiteau de style typiquement britannique. A droite lanterne frontale destinée aux grosses voitures et placée aux pieds du cocher pour éclairer les chevaux.


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