Article proposé par Tonton, paru le 03/12/2005 13:30:51
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Evaluer un cheval, 2 eme partie


 

EVALUER UN CHEVAL, cours d’hippologie  EAABC SAUMUR (2/2)

 

2 ème  partie

 

Des compensations.

                  

                   Les compensations consistent dans le balancement qui s'établit entre certaines beautés: et certaines défectuosités, l'heureux effet des premières venant amender les conséquences fâcheuses des secondes.

 

Importance.

 

                   Le sens des compensations est le côté le plus important et en même temps le plus délicat de l'extérieur. Comme rien n'est parfait dans la nature, on se trouve toujours en présence d'un cheval fait de qualités mêlées ça et là avec des défectuosités plus ou moins graves. L'appréciation d'un cheval consiste donc, tout d'abord, à faire la part des beautés et la part des défectuosités: c'est la partie la plus facile du problème à résoudre. Une autre partie du problème réside dans la pesée de la dépréciation résultant des défectuosités.

                    Si la dépréciation est totale, on classe le cheval mauvais; si elle est partielle, on lui donne une valeur que l'on oppose aux beautés pour obtenir le balancement des compensations.

                   La solution de cette dernière donnée est la plus difficile à obtenir; elle demande un jugement sain et un coup d'oeil exercé; une connaissance parfaite de la mécanique du cheval jointe à une habitude consommée de ses aptitudes, c'est-à-dire cet ensemble de qualités qui distinguent ce qu'on appelle « l'homme de cheval» ou « le connaisseur ».

                   On arrive à cette sûreté d'appréciation par l'étude qui dirige le jugement et sur,tout par la pratique qui familiarise avec les  faits et donne, à la longue, l'expérience nécessaire pour les  résoudre.

 

Appréciation.

 

                   Les compensations peuvent se faire: entre les éléments d'une même région, entre deux régions voisines, entre deux régions éloignées, entre un groupe de régions et un autre groupe de régions, enfin entre l'ensemble et les régions. Il est impossible d'indiquer toutes les compensations que l'on peut rencontrer, comme il est impossible de faire connaître le moyen de résoudre toutes les difficultés.

                   Chaque fait particulier, par conséquent, chaque cheval, représente une nouvelle équation dont l'inconnue cherchée, c'est-à-dire le rendement mécanique) est le résultat d'un raisonnement nouveau.

                  On ne peut donner que des exemples qui peuvent servir de points de repère:

 

a) COMPENSATIONS RÉGIONALES.

Exemple: un rein large et bien musclé peut compenser un rein long. Une côte plate peut être compensée par une côte prolongée en arrière.

 

b) COMPENSATIONS ENTRE RÉGIONS VOISINES.

Exemple: une croupe oblique et puissante soutient et compense un rein faible.

 

c) COMPENSATIONS ENTRE DEUX RÉGIONS ÉLOIGNÉES.

Exemple: un jarret puissant et bien placé amoindrit la défectuosité d'un rein long, mais sera

vite taré.

d) COMPENSATIONS ENTRE DEUX GROUPES DE RÉGIONS.

Exemple: un arrière-main puissant pousse devant lui un avant-main léger manquant de moyens.

 

e) COMPENSATIONSGÉNÉRALES.

Exemple: les régions peuvent, même défectueuses, fournir un rendement mécanique suffisant si elles sont énergiquement actionnées par ce qu'on appelle le sang qui forme le côté le plus général de l'ensemble du cheval.

 

Les points de force.

 

                   On appelle points de force certaines beautés qui sont l'indice d'une qualité très probable, chez un cheval présentant un ensemble peu harmonieux. Le cheval dont les rayons supérieurs présentent de grandes lignes avec de l'ampleur, ses rayons étant bien inclinés, présentera des points de force. Ce pourra être un très bon cheval, malgré des défectuosités telles que le manque de branche, des membres grêles, etc...

 

                   Une grande profondeur de poitrine constitue un beau point de force; une bonne largeur de

croupe, une grande distance de la pointe de la hanche au jarret, une bonne ouverture des principaux

angles articulaires, sont autant de points de force que, d'une façon générale, on observe dans les régions où la musculature est surtout apparente: le poitrail, le dos et le rein, les cuisses, les jambes, les bras et les avant-bras. De beaux points de force sont une des compensations les plus heureuses qu'on puisse trouver à un modèle défectueux.

 

Renseignements hippométriques Indices.

 

LES MENSURATIONS.

 

La connaissance de leurs principes ne doit pas échapper à l'homme de cheval, qui peut avoir l'occasion de présenter,' soit dans des concours, soit pour être vendus, des animaux destinés à être mensurés.

D'autre part, l'Administration des Haras, dans ses concours épreuves d'étalons et ses concours de chevaux de selle, fait intervenir certaines mensurations importantes, dont les principales sont les suivantes :

 

- taille, - longueur, - tour de poitrine, - tour du canon, - vide sous sternal,

- hauteur de la poitrine,

- poids.

 

Considérées seules ou dans leurs rapports respectifs, elles constituent des indices: indices de compacité, corporel, dactylo-thoracique, pectoral.

 

 

 

 

A) TAILLE

Se mesure du garrot au sol et s'évalue en centimètres. On se sert, pour cela, d'une toise ou d'une canne métrique.

 

Pour opérer, il faut placer le cheval d'aplomb sur un sol horizontal, la tête haute sans exagération et avoir soin que la tige de l'instrument de mesure soit parfaitement verticale. La potence est appliquée au niveau de la partie la plus saillante du garrot.

 

B) TOUR DE POITRINE

(ou PÉRIMÈTRETHORACIQUE)

Se mesure en arrière du garrot sur un plan vertical coupant en son milieu la neuvième côte.

La lecture est faite à la fin d'une expiration.

 

C) TOUR DU CANON:

Se prend (en l'absence de suros, de claquage ou de toute autre cause déformante), avec un ruban métrique, à quatre travers de doigt au-dessous

de la tête des métacarpiens rudimentaires.

 

D) HAUTEUR DE POITRINE:

On la représente par la taille au garrot diminuée

du vide sous sternal (distance de l'inter ars au sol), ce dernier se mesure à l'aide d'un fil à plomb tendu de l'inter ars au sol; ou avec un instrument spécial « LE SAUMURIEN»

 

Cette mesure a. une grande importance, du fait que, à une hauteur de poitrine, correspond un développement proportionnel du poumon.

 

E) LONGUEUR DU CORPS:

C'est la distance qui sépare la pointe de l'épaule de la pointe de la fesse (longueur scapulo-ischiale); elle se prend à l'aide de la toise LYDTIN(toise munie de deux potences à écartement variable et réglable, que l'on place au deux points extrêmes indiqués ci-dessus).

On peut également évaluer cette longueur en mesurant sur le sol la distance séparant les points de contact au sol de deux fils à plomb tombant de la pointe de l'épaule et de la pointe de la fesse.

 

 

 

                                                                           « Le saumurien »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

F) LE POIDS:

Le poids donné par la bascule, peut également se calculer approximativement en partant du tour de poitrine, d'après la formule 80 C 3 dans laquelle C = périmètre thoracique.

 

INDICES.

 

Les indices sont des: rapports établis entre deux ou plusieurs dimensions précédentes.

Les causes qui découlent des différentes mensurations précitées sont ainsi définies:

 

A) INDICE DE COMPACITÉ:

C'est le rapport du poids du cheval exprimé en kilogrammes à sa taille exprimée en centimètres: P/T

En d'autres termes, l'indice de compacité est le poids d'un centimètre de taille. Il est utilisé dans les concours de chevaux de selle pour classer les sujets par catégorie:

 

- PREMIÈRE CATÉGORIE (POIDS LOURDS) :

- à 3 ans, indice 3 et au-dessus,

- à 4 ans, indice 3,15 et au-dessus.

 

- DEUXIÈMECATÉGORIE (POIDSMOYENS):

- à 3 ans, indice 2,70

- à 4 ans, indice 2,85

 

- TROISIÈME CATÉGORIE (POIDS LÉGERS) :

- à 3 ans, indice ........................ au dessous de 2,70

- à 4 ans, indice ........................ au dessous de 2,85.

 

B) INDICES CORPORELS:

Les indices corporels s'évaluent par l'une ou l'autre des formules suivantes:

 

a) RAPPORT DU TOUR DE POITRINE A LA LONGUEUR SCAPULO-ISCHIALE:

Exemple:

 

1 m 505 (C)/ 1 m 72 (L) = = 0,875 que l'on inscrit 87,5

 

L'indice corporel le meilleur oscille entre 88,5 et 90. Au dessous de 87 les chevaux sont trapus, trop compacts, lourds; au-dessus de 90, ils sont trop longs.

 

b) RAPPORT DE LA TAILLE A LA LONGUEURSCAPULO-ISCHIALE:

 

Cette formule corrige les erreurs d'appréciation visuelle et prouve qu'un cheval dit bréviligne est plus long que haut, et qu'un longiligne est plus haut que long.

 

C) INDICE DACTYLO-THORACIQUE:

Exprime la relation entre la masse d'un cheval et les membres destinés à le supporter:

 

D tour de canon

C tour de poitrine

 

- Le périmètre du canon (D), indique la membrure.

- Le périmètre thoracique (C), indique en même temps que la masse, la puissance respiratoire.

 

Ce rapport D/C  ne devrait pas être inférieur à 0,115 pour l'artilleur et à 0,108 pour le cheval de cavalerie près du sang.

 

Il ne faut pas s'exagérer la valeur de ce rapport en lui-même, car il est sujet à de grandes variations sur le même animal, suivant l'état d'embonpoint et de la fourrure. D'autre part, il est sujet à caution attendu que sa valeur augmente quand le dénominateur devient plus faible, c'est-à-dire quand le tour de poitrine est moins important, ce qui constitue un non-sens.

Mais il faut également tenir compte des données séparées du tour thoracique et du tour de canon, le premier étant bien la meilleure mesure de la masse et du poids, le second la meilleure mesure de l'épaisseur du squelette et des muscles des membres, et l'observation montrant qu'un tendon grêle et faible, correspond généralement à un avant-bras peu musclé.

 

 

D) INDICE  DE HAUTEUR PECTORALE

 

Rapport de la hauteur de poitrine au vide sous sternal.

Les beaux chevaux de 1 m 60 ont :

80 cm de hauteur de poitrine

80 cm de vide sous sternal

 

De 1/1 pour le hunter et le bon artilleur, cet indice ne doit pas être inférieur à 4/5 pour le cheval de  cavalerie près du sang.

Le vide sous sternal ne devra dépasser que le moins possible la moitié de la hauteur, sans jamais en dépasser les 5/9e.

Comme dans tous les indices, on doit consulter, d'abord les chiffres nets de hauteur pectorale et de vide sous sternal, puis le rapport de ces deux chiffres.

 

 

Compensations.

 

                   Les résultats fournis par les calculs des indices,ne peuvent pas être considérés comme absolument rigides et intangibles. Aussi admet-on la possibilité de  compensations qui rachètent un cheval dont tel ou tel indice (ou mensuration) s'écarte de celui réclamé par lès juges. Les compensations se rapportent aux points suivants :

 

- TAILLE:

L'excès de taille doit être compensé par un vide sous sternal correspondant rigoureusement aux limites fixées.

 

- POIDS: -

Le manque de poids doit être compensé par un excédent les minima fixés soit pour le tour du canon pour le vide sous sternal.

 

- TOUR DU CANON

Le tour du canon minimum doit être exigé et ne comporte aucune compensation.

 

- VIDE SOUS-STERNA:L

L'excédent de vide sous sternal doit être compensé par le tour de canon à raison de 1 centimètre pour 4 centimètres de vide sous sternal.

Les mesures ci-dessus ne sont pour les juges que des indications dont ils sont invités à tenir compte dans leurs appréciations.

Elles ont également pour but d'orienter les éleveurs vers le type de cheval de selle que l'on désire encourager.

 

CONCLUSION.

« Sans attacher plus d'importance qu'il ne convient à l'hippométrie, et étant bien entendu qu'aucune formule ne saurait remplacer le coup d'oeil de l'homme de cheval, il faut toutefois reconnaître qu'elle peut fournir des données qui confirmeront le plus souvent l'impression de l'acheteur exercé et contribueront à développer rapidement l'aptitude des débutants. »

                                                                                              GÉNÉRAL DUPARGE.

 

 

 

Examen du cheval.

 

                   L'examen militaire du cheval ne comporte .pas, ordinairement, l'examen à l'écurie ni la partie de l'examen en action concernant l'essai et qui seront décrits plus loin (examen du cheval en vente); il ne comporte  que l'examen à « la montre », c'est-à-dire, à l'arrêt et en action sans essai.

Toutefois, l'un et l'autre des deux premiers pourra être pratiqué, si la nécessité s'en fait sentir.

Il ne dispense pas de l'examen vétérinaire, et en diffère en toutes ses parties.

 

Procéder avec calme et méthode.

 

A) EXAMEN A L'ARRET:

- Choisir un sol plat sur lequel le juge pourra tourner autour du cheval en restant à son niveau.

- Faire placer le cheval dans une attitude naturelle, à bout de longe, sans qu'il lui soit imposé la moindre contrainte.

 

 

a) Se place,r soi-même à une certaine distance du cheval, environ cinq mètres, en le voyant de profil.

Juger de l'ensemble qui permet d'envisager la conformation générale (format, modèle, silhouette, équilibre), la race, le degré de sang (origine probable ou établie par les papiers),

le service auquel le cheval est le plus apte, sa catégorie (poids lourd, moyen, léger).

 

b) Faire le tour du cheval pour examiner les détails qui ne seront vus complètement qu'en s'arrêtant de façon à voir le cheval successivement:

 - de face,

 - de biais d'avant en arrière,

- de biais, d'arrière en avant,

- de derrière,

- et ainsi de suite pour l'autre côté.

 

A chaque station, examiner le cheval d'un bout à l!autre et de haut en bas.

Si les aplombs, déjà vus de profil, doivent être jugés, aussi de face ou de derrière, comme

Aussi la largeur des articulations et du rein, l'écartement des hanches, etc..., c'est surtout de biais que ressortent la musculature que l'examen de profil peut avoir confondu avec l'embonpoint, la direction des côtes à la base du garrot, l'état du flanc, les tares des jarrets, etc...

 

Cet examen des détails nécessite le rappel des connaissances d'hippologie et d'extérieur pour juger et apprécier les régions (beautés; défectuosités,développement, proportion des régions entre elles et de certaines par rapport,à 'l'ensemble).

 

Faire jouer le système des compensations.

 

c) S'approcher du cheval, le toucher.

Commencer par le caresser: la façon dont il se laissera aborder décèlera presque toujours son caractère doux ou quinteux.

Puis, tout en le flattant de la main gauche, explorer visuellement ou avec la main droite, ou par les deux moyens, les parties qui paraissent atteintes de tares ou lésions importantes ou qui semblent douteuses: par exemple, surtout, la nuque et les oreilles (cicatrices), les deux côtés de l'encolure (traces de séton ou de saignée), les yeux, la face interne des jarrets (éparvins), le canon (suros) , les tendons, (claquage), les phalanges (formes), le flanc (irrégularités; de la respiration).

 

d) Reprenant enfin son premier examen de profil, se faire une dernière et complète opinion

du cheval grâce à la connaissance de tous les détails et de l'ensemble.

Dans cette hypothèse, ne pas oublier de rapprocher, de comparer, d'établir, compte tenu de ses qualités et de ses défauts, la relation entre le sang et la masse du sujet examiné.

L'appréciation de ces deux éléments étroitement enchaînés permet de se faire une idée, aussi exacte que possible, de la valeur de l'animal, du point de vue qualité; leur alliage judicieux, secret de tout bon élevage, est indispensable pour assurer l'avenir économique du cheval.

 

B) EXAMEN EN ACTION :

Envoyer le cheval au pas à une vingtaine de mètres devant soi, lé faire revenir vers, soi, se déplacer et le regarder passer de profil, examiner l'attitude générale, apprécier l'ampleur, le sérieux, la souplesse du geste, le tracé des pistes des antérieurs et des postérieurs, la régularité des aplombs à l'appui et au soutien, en un mot, faire appel à tous ses souvenirs concernant les allures et les aplombs.

- Procéder de même pour le trot en envoyant le cheval plus loin; juger comme il a été fait pour le pas, en observant aussi l'énergie qui se révèle mieux au trot, le tride.

- La façon dont le cheval s'arrête et tourne fait préjuger le fonctionnement des jarrets.

- Bien entendu, s'apercevoir, le cas échéant, d'une boiterie même légère ou des défauts d'allures en général.

 

 


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