Article proposé par Renata, paru le 04/03/2012 18:04:39
Rubrique : Culture générale, lu 26449 fois. Pas de commentaires
Partager

Les chars de Léonard de Vinci


 

 

 

Les machines de guerre de Leonardo Da Vinci

 

 

 

 

Peintre, inventeur, ingénieur, scientifique, humaniste, philosophe, Leonardo Da Vinci (1452 – 1519) est un visionnaire génial.

 

Il invente pêle-mêle :

la pompe hydraulique, le mécanisme à manivelle, le canon à vapeur, le sous-marin, des automates, le char de combat, le parachute, l’automobile, l’hélicoptère, les flotteurs pour marcher sur l’eau, la concentration d’énergie solaire, la calculatrice, le scaphandre, l’aile volante, la double coque, le roulement à billes, le métier mécanique, la machine à carder, la machine à polir les miroirs, etc…

 

 

 

    

 

 

  Souvent utopiques en son temps, toutes ses inventions n’ont pas été réalisées, surtout pas le char faucheur de membres…

 

En humaniste, il sait préserver ses créations pour les préserver des hommes ; à propos de son sous-marin, dont il détruit les plans :

 

« Je ne décris pas ma méthode pour rester sous l'eau ni combien de temps je peux y rester sans manger. Et je ne les publie et ne les divulgue pas, en raison de la nature maléfique des hommes, qui les utiliseraient pour l'assassinat au fond de la mer en détruisant les navires en les coulant, eux et les hommes qu'ils transportent ».

 

 

Il a quand même une haute idée de ses aptitudes, et ou un vrai savoir faire pour trouver les mécènes, « sponsors » de la Renaissance !

 

Voici la lettre que Leonardo Da Vinci adresse en 1482 à Ludovic Sforza,  pour proposer ses talents multiples. A noter huit propositions belliqueuses pour une pacifique que Leonardo expose en toute « humilité » ! (J’ai accolé des dessins de Leonardo pour illustrer ses dires) :

« Ayant très illustre Seigneur, vu et étudié les expériences de tous ceux qui se prétendent maîtres en l’art d’inventer des machines de guerre et ayant constaté que leurs machines ne diffèrent en rien de celles communément en usage, je m’appliquerai, sans vouloir faire injure à aucun, à révéler à Votre Excellence certains secrets qui me sont personnels, brièvement énumérés ici.

•J’ai un moyen de construire des ponts très légers et faciles à transporter, pour la poursuite de l’ennemi en fuite ; d’autres plus solides qui résistent au feu et à l’assaut, et aussi aisés à poser et à enlever.
Je connais aussi des moyens de brûler et de détruire les ponts de l’ennemi.


•Dans le cas d’investissement d’une place, je sais comment chasser l’eau des fossés et faire des échelles d’escalade et autres instruments d’assaut.


 

• Item. Si par sa hauteur et sa force, la place ne peut être bombardée, j’ai un moyen de miner toute forteresse dont les fondations ne sont pas en pierre.

• Je puis faire un canon facile à transporter qui lance des matières inflammables, causant un grand
dommage et aussi grande terreur par la fumée.


• Item. Au moyen de passages souterrains étroits et tortueux, creusés sans bruit, je peux faire passer une
route sous des fossés et sous un fleuve.

• Item. Je puis construire des voitures couvertes et indestructibles portant de l’artillerie et, qui ouvrant les
rangs de l’ennemi, briseraient les troupes les plus solides. L’infanterie les suivrait sans difficulté.
Je puis construire des canons, des mortiers, des engins à feu de forme pratique et différents de ceux en
usage.


 

• Là où on ne peut se servir de canon, je puis le remplacer par des catapultes et des engins pour lancer des traits d’une efficacité étonnante et jusqu’ici inconnus. Enfin, quel que soit le cas, je puis trouver des moyens infinis pour l’attaque.


• S’il s’agit d’un combat naval, j’ai de nombreuses machines de la plus grande puissance pour l’attaque
comme pour la défense : vaisseaux qui résistent au feu le plus vif, poudres et vapeurs.


En temps de paix, je puis égaler, je crois, n’importe qui dans l’architecture, construire des monuments
privés et publics, et conduire l’eau d’un endroit à l’autre. Je puis exécuter de la sculpture en marbre,
bronze, terre cuite. En peinture, je puis faire ce que ferait un autre, quel qu’il puisse être. Et en outre, je
m’engagerais à exécuter le cheval de bronze à la mémoire éternelle de votre père et de la Très Illustre Maison de Sforza
.

 


 

 

Et si quelqu’une des choses ci-dessus énumérées vous semblait impossible ou impraticable, je vous offre d’en faire l’essai dans votre parc ou en toute autre place qu’il plaira à Votre Excellence, à laquelle je me
recommande en toute humilité. »

 

 

 

Restent les cahiers de Leonardo, qui aurait été cinq siècles plus tard un fantastique auteur de bandes dessinées de science-fiction, sur format A4, à la formule magique, dont il est (aussi !) l’inventeur.

Restent ses écrits codés à l’écriture en miroir (fin XVème, début XVIème, il y a peu de lettrés et peu de miroirs) qui protègent ses idées et ses créations de gaucher, prudent.

 

 

 

Restent ses pensées, dont voici quelques unes :

 

« Il n’y a pas de maîtrise à la fois plus grande et plus humble que celle qu’on exerce sur soi. »

 

« Le souvenir des bienfaits reçus est fragile, comparé à l’ingratitude. »

 

« Dès que la chance entre quelque part, l’envie aussitôt fait le siège et engage le combat. »

 

« Regarde attentivement car ce que tu vas voir n’est plus ce que tu viens de voir. »

 

« La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir. »

 

 

 

Et reste sa sublime œuvre artistique, une grâce magnifiée par le temps.

 

 

La Scapigliata

(l’Ébouriffée)

Leda

 

 


  Commentaires