Article proposé par JeanClaudeGrognet, paru le 22/06/2009 11:47:32
Rubrique : Reportages, lu 1897 fois. 2 commentaires
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L'attelage au Chili


 

 

 

 

 

         Voilà maintenant sept ans que je vais au Chili régulièrement. C’est un pays magnifique que je commence à bien connaître ainsi que ses habitants. Il ne faut pas oublier que c’est un peuple de cavaliers, le pays étant composé d’immenses propriétés dans lesquelles ont élève des bovins ou des ovins qui étaient gardés et déplacés à cheval. Il ne faut également pas oublier que le plus vieux record sportif du monde est le saut en hauteur, toujours détenu par le Capitaine Larraguibel Moralés, un officier chilien qui a sauté 2.47m avec son cheval Huaso en 1949.

 

         J’y suis allé tout d’abord pour développer l’équitation sur poney lancée par Dominique de Beaumont-Geloes une jeune française qui avait baigné dans sa jeunesse dans le monde du poney, en particulier à Brimborion. Partie vivre à Santiago avec mari et enfants en 1998, elle a développé avec succès ce concept dans un pays ou cela était complètement inconnu. Elle est actuellement Présidente de la commission poney de la Fédération Chilienne d’Equitation.

 

         Dans leur sillage je fis la connaissance de José Miguel Guzman propriétaire terrien aux portes de Santiago et homme d’affaire avisé.

 

 

 

 

                            

José Miguel Guzman

 

         En plus de sa passion pour le rodéo chilien, étant d’ailleurs membre Directeur de la Fédération du même sport, qui n’a rien à voir avec le rodéo américain (voire article sur la REF d’aout 2003) il s’intéressa fortement à l’attelage il y a environ 5 ans avec sa fille Maria Teresa.

 

 

 

Maria Teresa

 

          Se trouvait également installé au Chili depuis une dizaine d’année Hermann Maul, un meneur allemand de qualité, qui essayait de développer la discipline en donnant des cours chez les uns et les autres.

         Tous les acteurs du développement de l’attelage étaient donc réunis.

 

         Il faut dire que le ‘poney’ criollo (se prononce criyoyo) chilien, qui est élevé essentiellement pour le travail du bétail et le rodéo, se prête parfaitement à l’attelage. Il est de la taille d’un grand poney entre 1.38m et 1.45m il est trapu avec beaucoup de sang, mais obéissant avec une tête froide.

 

         Par ailleurs, et du fait de l’importante communauté allemande installée au Chili depuis le 19ème siècle, on retrouve un gros élevage et des importations de chevaux allemands comme la race Holstein. A cela on peu ajouter quelques races de chevaux importées ou élevées comme les hackneys, les frisons, voir des chevaux demi-lourds et lourds et bien évidemment d’autres races diverses.

 

         Pour ce qui est du Parc Hippomobile, il y a encore dans les grandes propriétés de très belles voitures anciennes. Il y a même un restaurateur de voitures anciennes basé à Santa Cruz à environ 150km au sud de Santiago, Max Baeger dont j’ai visité l’atelier. Il restaurait à ce moment là un magnifique Parc Coach.

 

         Les autres voitures sont importées d’Europe avec des copies d’anciens et des voitures de marathons. Le parc est important et suffisant pour les compétitions organisées actuellement. Pour l’instant l’entraide joue et le prêt est très commun, surtout pour les voitures de marathon. Il est certain que si le nombre des meneurs augmente, il faudra en importer d’autres, notamment pour le marathon.

 

         Tous les ingrédients nécessaires à la mise en place de compétitions d’attelages étaient réunis, avec une première tendance orientée sur l’attelage sportif. L’attelage de Tradition ne rentrera vraiment qu’en 2007.

 

         Le premier concours, que j’ai eu le plaisir de juger, a eu lieu en 2005 dans un club aux environs de Santiago. Nous avions prévu un combiné avec une épreuve de dressage et une épreuve de maniabilité. Une dizaine de concurrents étaient présents avec attelages à un cheval, mais également des paires, et jusqu'à même obtenir un attelage de quatre Holstein menés par Herman Maul. J’ai présidé le jury de cette épreuve avec deux juges de dressage chiliens, Margarita Philips, qui est devenu par la suite Présidente de la commission d’Attelage de la Fédération Chilienne, et Manuel Saavedra juge de dressage Chilien

 

 

 

         La fusée était lancée.

 

         En 2006 nous organisâmes sur la magnifique propriété de José Miguel Guzman à Villarica une compétition cette fois-ci avec les trois tests.

 

         Villarica est une petite ville situé à 800 kilomètres au sud de Santiago. C’est le lieu de villégiature de la bonne société de Santiago. C’est une région de moyenne montagne ressemblant un peu à l’auvergne ou la Suisse avec des lacs dont celui de Villarica qui mesure environ 40 kilomètres de long sur 30km de large, le tout surmonté d’un magnifique volcan en activité qui surplombe la région avec un cône parfait tel le Fujiama .

 

 

 

Le groupe avec le volcan de Villa Ricca en arrière plan

 

 

         Cette région a l’avantage de rester assez fraîche tout l’été du fait de son altitude, environ 400 mètres, et de sa latitude, plus au sud que Santiago. C’était donc le lieu idéal pour organiser ce genre de compétitions durant les vacances d’été chiliennes qui sont inversées dans l’hémisphère sud, et se déroulent donc au mois de février. Une vingtaine de concurrents ont participés à l’épreuve avec des attelages à un et deux chevaux, et deux attelages à quatre chevaux. Les ‘criollos’ participent dans la catégorie chevaux. Il y avait deux catégories de meneurs : la catégorie préliminario qui correspond à notre catégorie club, et une catégorie intermedio qui peut correspondre à une catégorie entre pro deux et amateur trois.

 

         Les épreuves de dressage et de maniabilité ont eu lieu dans un centre équestre situé aux portes de Villarica. Le marathon dans la magnifique propriété de José Miguel Guzman Los Encinos. Ce fut un marathon en trois phases avec six obstacles de six portes chacun. Certes ce concours n’était pas inscrit officiellement au calendrier FEI mais on peut quand le définir comme un international du fait de la présence de deux meneurs argentins qui avaient fait le déplacement : Raoul Aquaretta, l’actuel champion d’attelage Argentin, et Eduardo Romero, du même pays, auxquels se rajoute le fidèle  Herman Maul pour le compte de l’Allemagne.

 

         On peut donc dire qu’il y avait, avec le Chili, trois nations de représentées. J’ai jugé ces épreuves comme l’année passée avec Margarita Philips et Manuel Saavedra. Helena Romero, juge internationale argentine de grande compétence, s’est également jointe à nous. On notera aussi l’aide précieuse comme juges d’obstacles et vétérinaires des officiers de Cavalerie Chiliens. Tout s’est déroulé au mieux et ce fut une très bonne étape pour encourager la discipline.

 

         En février 2007 nous franchissons une nouvelle étape puisque deux concours ont étés organisés à une semaine d’intervalle, dans lesquelles nous avons ajouté une épreuve de Tradition, grande première au Chili !

 

         Ces concours ont eu lieu les deux derniers week end de février.

         Mon séjour a commencé par une réunion d’information et de formation réunissant les passionnés de  coches antiguos(voitures anciennes) . Je dois à ce sujet remercier André et Annick Grassard qui ont eu la gentillesse de me recevoir chez eux toute une journée et qui m’ont fourni tous les éléments et les explications nécessaires pour argumenter mes propos. Mes remerciements, vont également à Henri Baup qui m’a envoyé des documents précieux sur le sujet.

 

         Cette réunion eu lieu dans la magnifique bodega de la vigne de Santa Cruz à environ 150 kilomètres au sud de Santiago. Elle réunissait une vingtaine de personnes toutes passionnées par l’attelage et l’art du menage. La plupart d’entre eux sont propriétaires de voitures anciennes et attèlent régulièrement. Ils ont étés surtout convaincus que les règlements techniques de l’attelage de tradition correspondaient parfaitement à leurs activités, ce qui était bien évidemment le but de mon intervention.

 

         Quinze jours plus tard, le week end du 17 et 18 février nous étions tous réunis à nouveau à Villarica pour les compétitions d’attelage dans une autre magnifique propriété  appelée Lau Lau, à nouveau chez José Miguel. L’épreuve de présentation du concours de Tradition s’est déroulée sur la place de la mairie de Villarica, et ce fût un immense succès, permettant naturellement un large public en pleines vacances.

Imaginons la rue principale de La Baule en plein été !

 

         Elle a réunis une quinzaine de voitures, dont parmi les voitures anciennes, un grand break de chasse, un milord, un dog car à quatre roues, une très belle jag wagoon, quelques jolies voitures locales à deux roues et des copies d’anciens.

         La suite de la compétition de tradition et sportive eu lieu dans le Campo de Lau Lau. La partie sportive réunissait une vingtaine d’attelage répartis en deux séries, les débutants (préliminario) et les plus confirmés (intermedio).

 

         Comme l’année passé, l’inspection des chevaux a eu lieu en compagnie des vétérinaires militaires, qui nous ont gentiment prêtés leurs appui et concours Le marathon comprenait trois phases : 6 km,  1 km, et 6 km avec 6 obstacles de six portes chacun. Le routier de la Tradition avait une distance de 10 km avec quatre difficultés. J’ai jugé ces épreuves à nouveau en compagnie de Margarita Philips, de Carlos Almendarez, juge de dressage venu d’Argentine et de Héléna Romero, juge FEI d’attelage, venue aussi du même pays voisin.

 

         Pour la présentation de la Tradition, j’étais assisté dans cette tâche délicate et o combien subjective.de Herman Maul, le meneur allemand installé au Chili et de Raoul Aquaretta, le Champion en titre d’attelage en pair Argentin.

 

         Le week end suivant nous nous sommes tous retrouvés 60 km plus à l’ouest dans la propriété d’Uwe Roth à Freire. Cette propriété de 4000 hectares est exploitée par cette famille venue d’Allemagne au milieu du 19éme siècle. Mêmes épreuves qu’à Villarica. Un concours de Tradition et deux épreuves sportives,  un niveau préliminario pour les débutants et un niveau intermédio pour les plus confirmés, le tout avec des attelages à un et en paire. Il a été rajouté à la maniabilité une épreuve pour les enfants.

 

         Il faut souligner que sur ce dernier concours un effort particulier a été fait au niveau de la construction des obstacles de marathon, ils étaient magnifiques.

Il va sans dire que durant ces concours il y eut des asados, qu’il faut traduire par un grand barbecue, extraordinaire, ou sont invités tous les concurrents ainsi que les amis de la région.

 

         Un autre concours de Tradition est organisé le week end du 1er mai proche de Santiago. A priori 50 voitures anciennes sont attendues et déjà confirmées, un bel avenir en perspective dans cette passion que nous avons tous.

 

         Bravo à mes amis chiliens qui œuvrent avec courage pour développer cette belle discipline et merci pour l’accueil des plus sympathique et convivial fidèle au style latino américain, que j’ai toujours reçu chez eux en particulier à Dominique et Frédéric ainsi qu’à José Miguel Guzman et toute sa famille.

 

Jean Pierre BOUCAN


  Commentaires
-2,47m bien sûr par Gilbert (22/06/2009 09:17:40)
nombreux articles et même vidéo disponibles...
-bien sûr par JeanClaudeGrognet (22/06/2009 11:46:55)
mais je me demande si le record n'a pas été battu à Paris dans les années 80 ??? en tous les cas je corrige