Article proposé par Attmag, paru le 09/04/2009 05:33:52
Rubrique : Reportages, lu 2338 fois. Pas de commentaires
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Derby St Hubert à Québec


 

  

 

Franck Grimonprez et Philippe Gratepanche

 

Deux Français se frottent aux Rois de la glisse

Texte et photos François Durand

 

 

         Les plaines d’Abraham, haut lieu d’une bataille entre Français et Anglais, le 13 septembre 1759 ! La défaite de Montcalm laissera le contrôle du verrou de Québec aux Britanniques, leur permettant ainsi de prendre l’année suivante celui de la Nouvelle-France, avec la capitulation de Montréal...

 

 

  Joey Tardif 

 

         Depuis, les eaux du Saint-Laurent si proche auront connu nombre d’hivers et printemps et c’est à  une toute autre joute, plus amicale et entre « cousins » que les plaines d’Abraham auront été le théâtre en février dernier. Celle du Derby Saint-Hubert, une compétition d’attelage pas comme les autres, courue sur neige et en sleigh (traîneau) et à laquelle, deux Français, Philippe Gratpanche et Franck Grimonprez auront participé pour « se frotter les épaules » aux rois de la glisse.

 

 

Richard Pelletier 

 

         Au-delà de leur passé historique, les plaines d’Abraham  sont à Québec ce que Central Park est à New York et Hyde Park à Londres, un parc urbain d’une valeur inestimable, un véritable poumon au cœur de la ville. Cent huit hectares de plaines et de vallons fleuris, boisés, gazonnés ou de blanc immaculé. Car depuis plusieurs mois les Plaines d’Abraham ont troqué le vert de leurs prairies pour un épais manteau neigeux. Une aubaine, car c’est ici que s’est déroulé, il y a quelques semaines, le traditionnel Derby Saint Hubert 2009, 6e du nom, une compétition d’attelages bien singulière pour nous Français, les roues des voitures de marathon laissant la place aux patins des traîneaux.

 

 

Hug Carmen 

 

 

 

         En l’espace de quelques jours ce petit coin de paradis pour les fondeurs québécois est devenu  sous l’impulsion de Denis Martin, Jacques Farrell..., et une équipe de bénévoles o combien efficace, un terrain de concours d’attelage. Box à air chaud pulsé pour le confort des chevaux, tentes tout autant confortables pour le bien-être des compétiteurs et des partenaires de l’épreuve, tribunes et abords du terrain de concours soigneusement préparés pour le public..., et une neige savamment travaillée pour assurer une glisse parfaite.

        

         Au Derby Saint Hubert, rien n’est donc laissé au hasard pour assurer un show où la règle première est de se faire plaisir et de donner tout autant de bonheur au public qui s’associe durant deux jours aux prouesses des attelages. «  Bien qu’il s’agisse d’une compétition avec ses gagnants et ses perdants, notre derby doit être « fun ». La politesse, la bonne tenue et le respect des juges et bien entendu des chevaux, la règle », souligne Denis Martin, promoteur du Derby. Et comme on dit au Québec, « le fouet, c’est pas une pédale à gaz ».

 

 

Amitiés franco-québécoise 

 

         Le Derby Saint-Hubert est une épreuve d’attelage unique et spectaculaire. Une ambiance et des montées d’adrénaline dignes des indoor d’attelage européen, mais ici, c’est sur la neige et au grand air que cela se passe ! La compétition est ouverte aux poneys (surtout Haflinger) et chevaux (pour l’essentiel Canadien, Morgan et Quater horse) de plus de 3 ans, attelés en simple ou en paire. Pas de voiture, mais des traîneaux bien souvent de fabrication maison à l’écartement des patins  de 54 pouces (137,16 centimètres). Des patins qui peuvent être de « pleine longueur ou articulés ».

 

 

les Français en démonstration 

 

         Quant à l’épreuve une succession  de portes matérialisées par des quilles et leur petites boules jaunes bien connues de tous compétiteurs d’attelages, deux obstacles et leur quatre portes à enchaîner, enfin un terrain de neige pas trop profonde avec ses dénivelés, devers et autres pentes et descentes à négocier dans le meilleurs temps en évitant de faire tomber les balles. Bref une « maniabilité marathonisée » qui exige de la part des chevaux beaucoup de fond pour un effort sans doute comparable à celui exigé lors d’une course de trot. Du fond mais aussi de l’adresse, de l’impulsion, de la relance et une bonne dose d’équilibre.

 

 

Martial Dagenais

 

         A cet égard sur ce dernier point, les chevaux sont très peu cramponnés (un demi centimètre) et durant les deux jours de compétition rares pour ne pas dire inexistants auront été les incidents comme des glissades ou renversement de traîneau. Chapeau, parce que cela va vite, voire très vite.

 

 

Denis Martin 

 

         Aux meneurs canadiens champions de la glisse, deux meneurs français, Philippe Gratpanche et Franck Grimonprez auront relevé le défi pour « chauffer les bottes » dans les Plaines d’Abraham. Et quel accueil, quelle générosité, quel altruisme de la part de ces cousins d’Outre-atlantique pour qui leur mettre à disposition chevaux et sleigh,  allait de soi.

 

         François Durand

         Attelages magazine

 

 

 

Joscelyn Daigle


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