Article proposé par VarlR, paru le 03/11/2017 08:21:25
Rubrique : Organisation des Sports Equestres, lu 1256 fois. 6 commentaires
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CONTROVERSE: l'attelage français en chiffres


 

Le nombre d’engagements sur les concours d’attelage n’augmentent plus en France !

 

         Lors des championnats de France, le Responsable technique attelage (QS),  a pris la parole lors du mot de bienvenue,  précisant que l’attelage en France se porte bien, tant par le nombre de concours que par le nombre d’engagés.

         Ses propos étaient en total contradiction par rapport à ceux formulés la veille dans l’édito du championnat de France sur attelage.org, "LIGNIERES:oui, mais"

 

         Extraits de l'édito d'attelage.org

 

         « La baisse du nombre d'engagés sur les concours amateurs inquiète. On a souvent complété  cette année les concours avec des épreuves " club".  Baisse aussi  des engagés à la finale SHF à Compiègne le week end dernier [… ]. Si la baisse des engagements se poursuit en 2018, je crains que nous n'abordions une crise importante pour notre discipline. Effet de crise économique pour les meneurs ? multiplication du nombre de concours ? »

Qu’en est-il réellement, comment se porte l’attelage Français (en terme d’engagés) ?

 

         Revenons en détail épreuves par épreuves (SHF, Amateur et international. Le site de la fédération ne permettant pas d’analyser facilement les concours club).

-          En premier lieu, concernant les concours Jeunes Chevaux, les reprises ont évolué en 2016 pour s’harmoniser au niveau européen. Quel impact sur le nombre de concours et d’engagés si on compare les saisons 2015 et 2017 (en considérant  que 2016 était une année de transition) ?

  • Ø  Nombre de concours en baisse de 8% : 89 concours en 2015,  et 82 en 2017
  • Ø  Nombre d’engagés en forte baisse. En moyenne 12 en 2015, plus que 8 en 2017. Quelques concours continuent d’afficher plus de 20 concurrents, mais ils deviennent rares. La baisse des engagés concerne principalement les chevaux de trait tandis que les chevaux de sang et les poneys restent stables. Certains meneurs de chevaux de trait expliquent cette baisse par des reprises de dressage trop techniques pour leurs chevaux, et des primes qui par conséquent sont plus difficiles à obtenir. D’un autre côté, certains meneurs apprécient ces nouvelles reprises puisqu’à la fin du circuit SHF, les chevaux sont prêts pour les épreuves amateur et Elite.
  • Ø  Si nous nous intéressons à la finale Jeunes Chevaux, la baisse des engagés est indiscutable. 105 engagés en 2015, 40 en 2017 (vous lisez bien 40). La baisse concerne les traits (34 en 2015, 15 en 2017) mais aussi les chevaux de sang (36 en 2015, 8 en 2017). Cette baisse semble s’expliquer d’abord par une baisse des qualifiés pour la finale (cela est peut-être souhaitable pour tirer le niveau vers le haut). 2ème raison : les meneurs hésitent à faire le déplacement sachant que les primes sont plus difficiles à obtenir qu’auparavant et qu’elles risquent de ne pas couvrir le déplacement.

 

-          Concernant les épreuves Amateurs (amateur 1 et amateur Elite)

 

  • Ø  Nombre de concours stable : 57 concours en 2015 mais aussi en 2017. Toutefois, chaque année quelques organisateurs jettent l’éponge. Heureusement, quelques nouveaux concours apparaissent (ex : La Capelle, Alixan, …).
  • Ø  Le nombre de concurrents (amateur 1 et Elite) est en légère baisse (en moyenne 26 amateurs par concours en 2015, 23 an 2017). Il existe néanmoins des évolutions marquées au sein des catégories. Baisse des engagés en traits, compensée par l’augmentation en chevaux de sang. La tendance devrait s’amplifier dans les années à venir : parmi les jeunes meneurs en chevaux de trait, nombreux sont ceux qui préparent des chevaux de sang ou des poneys pour l’avenir, et qui devraient disparaitre de cette catégorie rapidement. Quel avenir pour les catégories trait ?

         De fortes disparités entre les concours sont visibles : Sur les 57 concours en 2017, seuls 6 présentent plus de 50 amateurs engagés (ce qui est un minimum pour avoir de la concurrence au sein des 9 catégories (solo, paire et team en poneys, traits et chevaux de sang). Ces 6 concours repartis dans toute la France semblent être des étapes incontournables : Evreux (85 engagés), Reignac (77 engagés), Uzès (75 engagés), Rennes (71 engagés), Luçon (64 engagés) et Alixan (52 engagés). A l’inverse, près de 20 concours affichent moins de 15 engagés.

  • Ø  Si on s’intéresse plus particulièrement aux concours amateurs Elite, ils sont au nombre de 15 en 2017. Seuls 5 présentent plus de 10 concurrents : Evreux (23 engagés), Uzès (18), Rennes (18), Alixan (12), Loriol (11). Avec si peu d’engagés, ce niveau est-il vraiment nécessaire ?

-          Concernant les concours internationaux, leur nombre est de 6 en France sur l’année 2017, si on inclut Pau en Octobre (avec seulement 8 attelages) :

  • Ø  Lisieux (62 engagés dont 55% de Français)
  • Ø  Pau (25 engagés dont 88% de Français)
  • Ø  Saumur (95 engagés dont 53% de Français)
  • Ø  Chablis (95 engagés dont 45% de Français)
  • Ø  Le Pin (34 engagés dont 44% de Français)
  • Ø  Pau (8 engagés dont 75% de Français)

         Le nombre de participants à ces concours varie assez fortement d’une année sur l’autre selon le calendrier international et les échéances majeures.

3 concours sortent du lot : Lisieux qui a comme atout majeur d’être très tôt dans la saison, Saumur par sa réputation et enfin Chablis qui est bien placé dans le calendrier international. Ces 3 concours arrivent encore à tirer leur épingle du jeu mais les attentes de la part des meneurs sont de plus en plus grandes, la concurrence est rude par rapport aux concours étrangers et il n’est pas facile d’attirer les concurrents étrangers.

         Ces concours vont devoir rester vigilants face à des concours étrangers d’excellente qualité ayant des points forts indiscutables (qualité des infrastructures, dotations, retransmission des épreuves en direct, spécialisation sur certaines catégories …).

 

         Concernant les concours de Pau, ils sont confrontés au problème de l’éloignement géographique. Enfin, le Pin semble avoir des difficultés à trouver une date disponible dans le calendrier internationale et stable d’une année sur l’autre.

 

Conclusion :

         Pour la catégorie SHF, la baisse des concours et des engagement est bien réelle et les instances vont devoir rapidement analyser cette tendance s’ils souhaitent que ce circuit puisse perdurer.

 

         Concernant les concours amateurs, le nombre de concours est stable mais seule une dizaine de concours affichent un nombre de concurrents réellement important. Ne faudrait-il pas examiner ces concours pour comprendre leur réussite (Infrastructures, qualité du jury, dotations, …). La multiplication des petits concours n’est pas une solution. Sur ces petits concours, bien que la convivialité soit souvent au rendez-vous, l’absence de concurrence ne favorise pas l’amélioration du niveau des meneurs (on ne peut pas progresser lorsque la catégorie n’affiche que quelques meneurs). Les catégories Trait affichent une baisse notable des participants malgré la présence inexplicable de chevaux qualifiés de trait alors qu’il s’agit bien de chevaux de sang (Franche-montagne et croisement).

 

         L’analyse du niveau Amateur Elite montre que ce niveau d’épreuve n’intéresse plus. Les meneurs Elite vont privilégier les concours internationaux. Ce niveau sert uniquement de test aux amateurs souhaitant effectuer un test avant de sauter le pas vers les internationaux.

 

         Enfin, parmi les concours internationaux français, Lisieux, Saumur et Chablis résistent plutôt bien mais la concurrence des concours étrangers est très présente et il va falloir multiplier les efforts pour rester à ce niveau et continuer à attirer les meneurs étrangers. 

 

         © VarlR


  Commentaires
-tout d'abord merci par Heliosness (03/11/2017 10:05:54)
Il est réconfortant VarlR de lire enfin l'article d'un lecteur (ou d'une lectrice ) qui ne se contente pas de croire ce qu'on lui dit mais désire comprendre par soi-même en cherchant des éléments objectifs et concrets, ose les partager avec tous les autres dans l'idée que de la discussion et de la confrontation, l'attelage ressortira grandi. Bravo car je sais que ce n'est pas facile. Je vais essayer de donner mon point de vue sans faire fuir les bonnes intentions, sachant qu'il ne sera pas partagé par tous et que je ne détiens pas la vérité. Aussi vous encouragé-je à faire de même.
Concernant les concours en général : ils nécessitent de gros moyens financiers et humains (bénévoles nombreux), souvent supérieurs à ce que peuvent les organisateurs qui le font par passion du sport uniquement ainsi que des espaces vastes et sécures pourvus d'un confort minimum ainsi que de lieux d'aisance convenables, d'où mon avis qu'il devrait exister dans toutes les régions des structures adaptées financées par les collectivités publiques pouvant servir à plusieurs activités, cette démarche existe et devrait être étendue. Certains réussissent à obtenir des sponsors privés et c'est tant mieux, il faut les féliciter car c'est un travail énorme de démarcher les entreprises et de les convaincre.
Les concours de proximité sont essentiels en particulier pour les clubs car ils permettent de concourir à faible coût. N'oubliez pas que plus il y a de concurrents, plus les frais sont élevés.
Il est normal que la catégorie Amateur Elite comprenne peu de sportifs, ce n'est pas une raison pour supprimer les concours de cette catégorie qui a un grand besoin de s'entraîner. Ne croyez pas que les concours à l'étranger soient différents en terme de fréquentation étrangère.
Ensuite, la SHF se pose des questions depuis l'an dernier déjà. De plus en plus de concours dans le Sud incluent cette catégorie. Il y a peu d'engagés parce que c'est une catégorie qui a la réputation de concerner essentiellement les éleveurs. Les épreuves sont très codifiées et tous les juges n'y sont pas formés. En outre, le plan de la mania est rarement respecté. Le niveau exigé pour de jeunes chevaux est sujet à caution. Enfin, les meneurs ajustent leurs participations avec de jeunes chevaux en fonction des objectifs qu'ils se fixent eux-mêmes dans un planning d'évolution et il peut être mieux adapté de concourir dans une catégorie club plutôt que SHF selon ce qu'ils veulent travailler pour leurs premières sorties.
Il me semble qu'un grand nombre de facteurs sont en jeu, qu'il n'est pas simple de trancher mais je laisse l'espace à d'autres et j'encourage chacun à donner son avis afin qu'une réflexion utile puisse être menée.
-Merci VarlR pour ces précisions. par JeanClaudeGrognet (03/11/2017 12:52:40)
N'étant pas à Lignières et n'ayant pas eu connaissance des propos de Quentin Simonet, je remarque avec plaisir que réaction il y a. J'ai fait part à la DTN de 3 courriers, dont mes derniers articles sur le CdF et LIPICA . J'attends toujours une réponse en retour, mais peut être la prise de paroles de Quentin Simonet en est elle l'objet ?
Concernant le sujet, les chiffres parlent, il serait bien de dépasser la méthode Coué et "Tout va très bien Madame la Marquise". La méthode n'a pour but que de masquer la lente érosion de nos concours nationaux et l'inadéquation de plus en plus factuelle de nos CAI au contexte international. La situation met en cause nos dirigeants et leurs choix concernant la gestion de la discipline, ils ont tous pouvoirs .
La baisse des engagements en SHF est inquiétante. Si elle est consécutive à la baisse des entrées de chevaux dans la discipline, l'avenir n'est pas rose. Un autre sujet est inquiétant, les relèves pour les Equipes de France, mais c'est une autre histoire.
-Merci pour ces constats par Trocoet (05/11/2017 19:45:29)
Effectivement une baisse très nette de concurrents en SHF . Mais la finale a permis de constater que le Jury a tenu compte des remarques faite l'année dernière; Commentaires tirant vers le positif et faisant ressortir les qualités chez les chevaux tout en sanctionnant les défauts majeurs.
L'ambiance a Compiègne est excellente , tant de la part des organisateurs que du Jury et de la SHF. Dommage pour ceux qui n'étaient pas là.
Je pense les sélectionnés à la finale étaient plus nombreux que les présents.
Il est vrai que souvent on redépense ce que l'on a gagné en primes tout au long de l'année en se déplaçant à Compiègne , mais la passion est là , et participer à une finale cela vaut la peine d'être vécu.
Organisateur de concours : c'st difficile d'équilibrer les budgets, et il faut comprendre que pour les amateurs ou les clubs le prix des engagements est un frein. Le nombre de participation à l'année par concurrents à baisser de façon certaines , les concurrents choisissent deux ou trois concours à l'année alors que par le passé ils sortaient au moins 5 fois.
Il faut garder les petits concours car il faut permettre aux débutants de participer à leur premier concours sans faire trop de kilomètres. L'ambiance dans les concours d'attelage est toujours excellente, ce n'est pas toujours le cas dans les autres disciplines équestre... Il faut développer la base, et ce n'est pas la rénovation du BPJEPS qui a abandonné lâchement la mention attelage qui va ararnger le problème, mais c'est sûrement un autre débat...
-Pas trop tard !!! par VALEGRO (12/11/2017 16:33:16)
Bonjour à tous, le constat est clair et édifiant, et je pense qu'il faut mesurer les propos par niveau de compétition et par circuit; le circuit SHF est un circuit d'élevage à vocation de détection des futurs espoirs de la discipline ( CSO, CCE, Dressage, Endurance et Attelage);donc personnellement je me pose la question de l'intérêt d'insérer dans ces épreuves les chevaux de trait, car il s'agit d'une activité de niche dans un sport de niche et dont la clientèle est aussi une clientèle de niche. Mieux vaut travailler avec les institutions pour exporter ces chevaux vers une agriculture de montagne dans différents pays, et ou autres réflexions de débouchés commerciaux bien réels et bien identifiés. Ne serait-il pas intéressant de réunir les finales SHF avec les finales Championnats de France comme en Dressage à Saumur ? Les circuits de compétitions sont trop éparses pour que l'on puisse s'y retrouver puisque dans les mêmes obstacles, on fait passer des poneys et des chevaux. A mélanger les genres, on crée la confusion ! Bien entendu, organiser un concours coûte cher voire très cher avec des retombées quasiment nulles (d'où le problème de l'équilibre financier de ces manifestations). Je pense qu'il serait opportun que chacun des niveaux de compétitions puissent être le support à un circuit national ( tel le Grand National en CSO, DR et CCE ou à l'Amateur Tour en CSO, etc....) Ne serait-il pas intéressant de créer un circuit Grand National qui servirait de support au titre de champion de France ( comme en CCE) avec l'adossement d'un sponsor Titre comme dans les années 80 où Coca-Cola sponsorisait un circuit; Ceci redonnerait de l'intérêt aux engagements au niveau Elite avec une augmentation des gains liés à ce partenariat (opération gagnant-gagnant) de L'attelage dégage des valeurs qui peuvent mises en parallèle et de manière concordantes avec les valeurs intrinsèques dans l'entreprise ( je ne vais pas détailler ici, c'est le sujet d'une réunion en brainstorming). Quant au concours internationaux organisés en France, le manque d'engagements de concurrents étrangers est pour moi lié à 2 faits: le premier est que la France peut paraître lointaine pour certains meneurs des pays de l'Est et le coût des déplacements sont onéreux vu la différence des niveaux de vie entre chaque pays de l' UE; ceci peut être un facteur limitant puisque certains meneurs français ont aussi cette réflexion quant à leur déplacements à l'étranger (et la perte du statut de Haut Niveau ne va rien arranger !!); le second point est pour moi l'accueil sur les sites quant à la qualité des infrastructures proposées ( qualité des paddocks, qualité des sanitaires pour les concurrents, etc.....) Un cahier des charges minimal devrait être rédigé par la FEI et/ou la FFE afin que les concurrents aient envie de venir en France ( et non pas venir camper dans des champs où les sanitaires sont dignes de......... (je n'en dirais pas plus!). Proposition: pourquoi ne pas organiser un circuit international de 5/6 concours dans 5/6 pays (comme le GCT en CSO) et organiser la finale à Pau pour que cette ville magnifique puisse enfin proposer un concours d'attelage de même qualité que les Etoiles de Pau en CCE. ET toujours avec le soutien d'un sponsor Titre en adéquation avec les valeurs que dégagent l'attelage. Je suis persuadé que c'est faisable....
Je crois que c'est le moment où la FFE a décidé de faire le tour de France avec l'organisation des Assises régionales de l'Équitation que la communauté de l'attelage doit se faire entendre, et faire preuve d'innovation, d'auto-critique et être force de proposition pour apporter, améliorer la visibilité de cette discipline qui possède beaucoup de valeurs éducatives ou éducatrices. Et aussi, faîtes en sorte qu'il y ait aussi et enfin les assises de l'attelage pour refonder la discipline, les circuits et niveaux de compétitions. Mais comme le dit si bien JCG ce n'est que mon avis ....
Merci d'avoir pris le temps de m'avoir lu, et reste ouvert à toute discussion constructive
-Ouverture démocratique par JeanClaudeGrognet (12/11/2017 17:48:09)
Je suis ok avec une grande partie de vos idée. Mais le début de la prochaine histoire, serait de changer le fonctionnement de la gestion de la discipline pour en venir à une conception plus collégiale, ouverte aussi sur les jeunes, et le retour à une Commission représentative des acteurs de la discipline faisant force de proposition à la DTN. Et pourquoi pas une Commission élue pour 4 ans par les licenciés. Voilà qui serait un vrai changement avec des licenciés acteurs de la discipline !
-Une semaine après !!!! par VALEGRO (17/11/2017 17:38:52)
Tout est dit dans le titre de mon commentaire; une semaine après, j'aurai pensé que mon commentaire et mes suggestions auraient amené certains à s'exprimer, à critiquer, mais il n'en est rien; donc dois-je en conclure que ce milieu est indécrottable, mais parfaitement avide de commenter en off dans les paddocks à l'heure de l'apéro ????? !!!!!!! Les bras m'en tombent et cher JCG vous voulez que les choses changent, avancent , mais avec qui comme interlocuteurs. Il n'y a personne à l'autre bout du fil. J'ai écrit mon commentaire avec 853 vues, et aujourd'hui avec 1161 vues, il n'y rien d'écrit de neuf . Cà, c'est le constat