Article proposé par Renata, paru le 20/06/2016 08:39:15
Rubrique : L'attelage de Tradition, lu 1033 fois. Un commentaire
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CIAT Casteggio di Mairano: ma che attacchi belli !


 

 

 

         J’ai vingt ans, le bel âge pour voyager à ce qu’il paraît, mais je m’appelle Impérial Bellevue, Welsh par maman et Arabe par papa, donc Arabo-Welsh (la catégorie PFS n’existait pas à ma naissance), c’est-à-dire pur-sang poney !

         Lui (Alain) et elle (Renata) m’appellent P’tit Prince, ou Poupoune. Avec mon 1.37 m, Bruno, mon maréchal (le seul depuis mon premier parage) me traite volontiers de «Nainain », par pure affection.

Oui, 20 ans, toujours fringant et quelquefois coquin.

 

         Ils ont décidé de participer à un concours d’attelage de tradition en Italie, tout ça parce que ma voiture est italienne (et rare sur les terrains de concours), et que sa maman à elle aussi.

Il me monte, me mène et me travaille très régulièrement, m’entretient au mieux, elle ne me mène plus, mais elle me bichonne et me chouchoute ; tendons sains et nets, je suis en pleine forme.

 

 

         Elle organise le voyage : location du camion, quatre jours de transport aller-retour avec halte dans l’Ain, chez Tony et Constance. Il prépare le matériel.

Nous sommes jeudi, c’est parti !

 

 

         Ils optent pour les autoroutes pour m’éviter la fatigue des virages et des ronds-points. Je profite des paysages changeants vers la province de Pavie en Lombardie.

Elle aussi, qui ne peut s’empêcher de les photographier, même en roulant. Il conduit piano e sano (Je m’habitue à la langue !).

 

         Joce, ma passagère depuis le premier concours de tradition avec elle, suit ou précède avec son mari. Cette escapade, ils la partagent par amitié.

 

 

 

 

 

A Lent, un grand paddock m’accueille, avec des copains autour (le box me fait tousser).

 

 

         Le lendemain, la fraîcheur annonce l’approche du Mont Blanc (je pourrai le voir au retour) et du tunnel.

 

 

Et nous voici en Italie :

 

 

 

Le fort de Bard, et des marais salants ? Non, des rizières !

 

 

Nous sommes les premiers arrivés au Fracce, à Casteggio di Mairano.

 

 

         Il faudra bien que je dorme dans un box. Etonnante surprise, les écuries, construites dans les années 70, ont une allure de cathédrale pour chevaux, avec des piliers qui s’élancent vers le ciel, des fenêtres tout autour, un puits de lumière, et 16 m2 par box : un palace très ventilé.

 

 

 

 

 

 

         Tandis que je me repose de ce long voyage, ils découvrent le magnifique domaine viticole du Fracce où le cheval avait toute sa place, avec un élevage de chevaux Arabes et Anglo-arabes, où dans le parc, des statues habitent et habillent chaque détour de chemins bordés de calades.

 

Fronton du manège, désormais fermé.

 

    

 

    

 

 

 

         Ils me construisent un petit paddock, pour profiter du soleil, de l’air et de présences amies.

 

 

 

         Joce et elle nettoient ma voiture qui a voyagé à tous vents, font briller cuirs et cuivres, il me tourne à la longe, me shampooine, elle fignole mon toilettage. Un samedi paisible de préparation.

 

         Dimanche, nous sommes « numero uno ». S’il a pu reconnaître le routier hier, il n’a pas toutes les informations de timing, qu’importe, nous sommes en Italie, tout va bien ! Il me longe, et me marche longuement attelé (il sait mon impatience).

 

 

 

 

         Ces « Vestes Vertes » font partie d’une association de cavaliers bénévoles de protection civile et environnementale, en accord avec les Ministères concernés. Ils régulent la circulation des attelages (mais pas que !), et seront sur la piste de maniabilité.

         Après la mesure de la voie du military, il nous présente au premier juge et président du concours : M. de Chezelles, président du jury, tandis que le juge à la toise vérifie encore la voie.

 

 

 

 

         La présentation n’est pas mon exercice favori, je commence à gratter pour signifier mon impatience, obligeant Joce à descendre, les juges aiment quand rien ne bouge, et il y en trois, à trois endroits rapprochés. Avancer – arrêter : rien de mieux pour me mettre en pression, mais quel écrin pour le retour d’une belle italienne, seul « militare », même ici !

 

 

 

 

 

C’est bon, c’est fini ?!

 

 

         Ouf, elle est devant, ça me rassure, et sur la photo je ressemble vraiment à un poulain.

 

Alors, on y va sur ce routier ?

 

 

 

         Le départ me réserve une surprise de taille : les quatre passages contrôlés sont disposés, à la suite, avant le flêchage du premier kilomètre… « Le salut », très encadré, se passe bien, des courts espaces de gravillons, pelouse, calades et « le verre » sur le bitume de la cour d’entrée du Fracce, raté… Puis vingt mètres plus loin : « le rail droit », un méchant effet de lumière et d’ombre me bloque, elle m’encourage, et commet une erreur : aide extérieure pénalisante… Il m’envoie au trot, la roue tutoie le trait mais ne sort pas du rail, même chose pour « la volte » que j’exécute pourtant impeccablement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         Elle constate, grâce à la vidéo, que de la sortie du salut à celle de la volte, les trois passages contrôlés durent 2 minutes 23 secondes, oui, nous sommes en Italie !

 

  

 

         Remarquez l’heureux hasard du choix de leurs tenues : tout à fait en harmonie avec les murs du lieu.

         Partis pour plus d’une heure, elle a tout loisir de photographier les beaux équipages qui se succèdent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         Et de souligner le chic et l’élégance des jeunes Italiennes,

 

 

 

         Certaines tenues seraient qualifiées d’ « excessives » sur les concours en France !

 

 

         Me voilà de retour, vaillant et attentif. 13 kilomètres d’un routier très vallonné, mettent en valeur ma forme et mon entraînement, faisant l’admiration d’autres concurrents essoufflés en fin de parcours, que j’ai dû redoubler, sans doute peu soucieux du timing du parcours.

 

 

         Une douche rafraîchissante, des roulades, un bon picotin et une petite sieste, je suis fin prêt pour la maniabilité. Je vais devoir honorer mes couleurs !

 

 

 

         Numero uno, je vois partir les derniers concurrents pour la présentation.

 

 

         Surtout un équipage très spécial : un random, celui de Manfred, déjà croisé à Cuts et Rambouillet, avec en tête, Petite Rose, aveugle et totalement confiante en son meneur.

 

  

 

 

 

         Je suis le seul dans un paddock, des promeneurs viennent me voir et me caresser.

 

 

         Ces charmants admirateurs reviendront pour faire un selfie avec moi entre eux !

         Ils seront encore là pour la mania et la remise des prix, un petit tour d’oreille vers eux, ma manière de les saluer, Je sais que je ne laisse pas indifférent.

 

  

 

 

         Il me fait dérouler un parcours sans faute et dans le temps, sous une pluie légère qui ne dure pas, et devinez quoi, la Marseillaise retentit pour nous, seul équipage français du concours !

 

 

 

         Il gagne une impressionnante carafe à vin sertie d’étain et… de quoi la remplir, Fracce oblige.

 

         La remise des prix est commentée par Emanuela, secrétaire du Gruppo Italiano Attachi, association organisatrice présidée par Enzo, à la manœuvre, sans se départir de son calme, (secondé par Antonio, vice-président, admiratif de mon pas, si si, Antonio leur a dit pendant le dîner des meneurs !)

 

 

         Merci à eux, et à tous les bénévoles qui nous ont permis de vivre une journée très spéciale : un concours d’attelage de tradition en Italie !

 

 

         Adieu spacieuses écuries, une dernière bouchée d’herbe lombarde, je suis prêt pour le long retour.

 

         Elle et lui racontent leur escapade en exprimant à l’envi toute l’admiration et l’amour qu’ils ont pour moi, Impérial Bienvenue, dit P’tit Prince, 20 ans.

 

A lire aussi : http://www.attelage-patrimoine.com/2016/05/4-ciat-le-fracce.html

Et : http://www.gruppoitalianoattacchi.it/id-4concorso-internazionale-di-attacchi-di-tradizione-le-fracce.html

 


  Commentaires
-Coucou par JeanClaudeGrognet (20/06/2016 08:47:17)
Merci Rénata de nous faire voyager ainsi. Un jour peut être un reportage à Séville ?